Il faut traverser le « supermarché » pour arriver à la chaîne d’assemblage et commencer le montage. Après être successivement passé par une trentaine de positions différentes, le moteur Ducati est prêt à être posé sur l’ossature de la future moto qu’il fera vrombir. Nous sommes au cœur de l’usine Ducati de Bologne, en Italie, où l’entreprise a été créée en 1926. Chaque jour, les ouvriers spécialisés ont un objectif de motos à produire dans la journée. En ce début d’après-midi, une quarantaine ont déjà été produites sur les 58 demandées.

Pas moins de 53 000 motos sont construites en moyenne par an par Ducati. Ce qui est relativement peu comparé aux plus gros concurrents du marché. La société, propriété de Lamborghini, mise sur les véhicules de courses qui doivent donc respecter des critères de qualité et de performances maximum. Et que ce soit en usine ou sur les pistes, l’informatique a pris une place prépondérante dans les activités du constructeur.

Les moteurs Ducati se sont perfectionnés et ont gagné en volume et puissance entre les premiers (à gauche), datant des années 50, et les derniers modèles, comme le Testastretta 1200 DVT, sorti en 2014. (Crédit : Nicolas Certes)

Chaque moto génère 20 Go de données par course

Jusqu’en 2018, le groupe s’appuyait sur les terminaux et serveurs de HP et Dell. Mais dans un souci de raccourcir les temps de calcul et de traitement des données, Ducati a réévalué les offres disponibles sur le marché à l’époque. Comme les équipes de terrains sont très mobiles, disputant une course en Catalogne un jour, puis repartir la semaine suivante au Texas pour conserver leur place sur le Circuit des Amériques d’Austin, Ducati avait besoin de terminaux résistants à des conditions environnementales extrêmes (poussière, pluie, etc.) ainsi que des solutions HPC plus rapides. Le constructeur de motos a trouvé une réponse à ces deux problématiques dans l’offre de Lenovo.

A l'occasion du CES 2020, Lenovo a sorti un ultrabook aux couleurs de Ducati, en série limitée à 12 000 exemplaires, le Lenovo Ducati 5. (Crédit : Nicolas Certes)

Les données ont changé la donne dans les courses moto ces dernières années, « il y a beaucoup d’électronique qui interviennent entre l’homme et la moto », assure Konstantin Kostenarov, directeur de la technologie de Ducati. Aujourd’hui une moto est équipée d’au moins soixante capteurs. Ce qui génère des problématiques d’enregistrement des données pendant les courses, puisqu’il y est interdit d’utiliser des réseaux de capteurs sans fil. Chaque moto génère environ 20 Go de données par course et est donc équipée d’un logger auquel les ingénieurs se connectent à chaque arrêt pendant la course, avec un ThinkPad P1s, pour récupérer les données et les analyser sur le moment. Les stations de travail doivent donc être très rapides pour le téléchargement et le traitement des informations, afin que l’équipe modifie en conséquence les caractéristiques de la moto pour la prochaine étape. Et si l’ordinateur plante, la moto ne peut pas repartir. Le besoin de performance des terminaux numériques est donc primordial dans une course.

Bientôt de l’AR dans les casques des pilotes ?

Ces données relevées et traitées en temps réel pendant les courses, sont aussi remontées aux équipes en Italie pour des analyses plus en profondeurs sur les performances des bolides Ducati. La performance de l’environnement HPC prend ici tout son sens pour le constructeur de motos. « Auparavant, nous devions transférer les résultats de nos modèles et de nos tests de résistance de l'environnement HPC, puis utiliser un poste de travail différent pour transformer ces données en visualisations faciles à comprendre. Le processus de transfert des données de cette manière était à la fois long et coûteux, ce qui ralentissait la recherche et le développement », explique Stefano Rendina, directeur informatique chez Ducati. M. Kosternarov explique, de son côté, que dans leur processus de benchmarking, Lenovo était le seul fournisseur à proposer une plateforme HPC tout-en-un. Ducati s’est donc équipé d’un cluster HPC de 20 serveurs ThinkSystem SD530, SR630 et SR650 répartis dans deux datacenters séparés. Cet environnement permet à Ducati d'accélérer de 20 % les tâches critiques de modélisation aérodynamique et de dynamique des fluides, et de recueillir les résultats 25 % plus rapidement.

Ducati emploie 1 600 personnes dans le monde. 1 200 en Italie et 400 en Thaïlande et au Brésil. (Crédit : Ducati)

Grâce à cette transformation de son parc informatique, Ducati imagine des projets qui pourraient mettre à l’épreuve les calculateurs de Lenovo. M. Kostenarov envisage des casques équipés avec des technologies de réalité augmentée qui informeront le pilote d'informations cruciales, comme le temps de course, la vitesse de la moto, ou des dangers potentiels sur le parcours.