Depuis cinq/six ans, la galaxie Kubernetes a vu apparaître – et disparaître suite à des acquisitions ciblées - des start-ups fort prometteuses. Si la traditionnelle KubCon – à Valence du 17 au 20 mai cette année pour l’édition européenne - rassemble une bonne partie de cet écosystème, nous avons rencontré à Tel-Aviv au début du mois d’avril une entreprise spécialisée dans le monitoring des clusters de containers opérés par le gestionnaire K8’s : Komodor. Fondée en juin 2020 par Ben Offri (CEO) et Itiel Shwartz (CTO), cette jeune pousse analyse toutes les logs disponibles sur les pods gérés par K8’s afin de comprendre le contexte des opérations et proposer des remédiations si nécessaires. La console de supervision Komodor traque les dysfonctionnements (échec des déploiements, erreur de communication, changement de manifeste…) entre les microservices pour assurer la bonne marche des applications distribuées. L'objectif est de simplifier le travail des équipes de développeurs et d’opérateurs en éliminant le besoin de maîtriser différents outils pour suivre l’activité des containers.  

La découverte d’une panne ou d’un dysfonctionnement dans un cluster de containers nécessite au moins trois étapes de résolutions. Comprendre qu’il y a un problème et réussir à le situer dans l’enchevêtrement de containers, impliquer les équipes pour affiner le diagnostic et enfin empêcher que cela se reproduise ailleurs. Pour l'instant, Komodor se concentre sur la première étape en installant sa solution qui vient découvrir les microservices actifs en utilisant les API de K8’s. La console permet ainsi de suivre dans le temps l’évolution des applications pour remonter ce qui a changé depuis le dernier déploiement de containers. Komodor piste alors les changements dans Kubernetes, mais également celui du code provenant d’une plateforme comme GitHub. Ces modifications peuvent être documentées.

La solution de Komodor se compose de deux  éléments le moteur d'analyse Brain et la console de supervision. (Crédit S.L.)

« Nous donnons plus de visibilité aux DevOps – à tous les niveaux – pour les aider à comprendre les causes d’un dysfonctionnement et nous gérons le flux des questions posées par les équipes concernées afin d’accompagner les développeurs dans leur travail », nous a indiqué Itiel Shwartz. La compréhension des questions n’est pour l’instant disponible qu’en anglais. « Nous voyons que les entreprises vont vers Kubernetes et combien il peut être difficile de maitriser toutes les métriques », complète-t-il.  Komodor permet à des développeurs d'obtenir des informations sur n'importe quel problème, avant de s'adresser à leur expert Kubernetes, qui est généralement bombardé de questions sur le fonctionnement des clusters. Ces experts ne sont généralement qu’un ou deux dans les entreprises aujourd’hui. Le profil est rare et de plus en plus recherché.

Une pause bien méritée pour un des jeunes talents de Komodor à TLV (le Komodor est une espèce de chiens). Crédit S.L.

Disponible en mode SaaS, Komodor exploite en local un agent installé sur le cluster Kubernetes, qui vient renseigner le tableau de bord mis à jour en temps réel. La console est facturée au tarif de 10$ par noeud/mois avec un maximum de 250. « Notre principal focus est aujourd’hui sur les États-Unis et l’Europe du Nord, qui sont très intéressés par nos outils », assure le CEO. « Nous avons fondé la société il y a deux ans et nous avançons vite : nous avons déjà triplé le nombre de clients ». Interrogé sur la taille du marché visé, le dirigeant cible les 25 000 entreprises utilisant K8’s. Si Komodor travaille en mode direct, des partenariats sont actuellement noués – avec AWS ou DataDog  - pour développer l’activité. La société emploie aujourd’hui 42 personnes – avec un salarié en télétravail aux États-Unis et un commercial belge à Tel-Aviv pour le marché du Nord de l’Europe. Elle compte passer à 80 avant la fin de l’année, nous a expliqué le CEO Ben Ofiri, avec une grosse proportion de développeurs et un renforcement des équipes marketing et commerciales. La jeune pousse qui a déjà levé 25 millions de dollars (avec Accel, Pitango, et NfX), clôture  un tour de table conséquent dont le montant sera dévoilé le 10 mai prochain. Signalons pour conclure que Komodor n’adhère pas au modèle open source et ne contribue pas au code de Kubernetes.