Depuis plusieurs années, l'Arcep (autorité de régulation des communications électroniques et de la poste) rejoint par l'Arcom (autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique), le CGE (conseil général de l'économie) et l'ANCT (agence nationale de la cohésion des territoires) scrute les usages numériques de la population française. La dernière version du baromètre numérique présentée au ministère de l'Economie a été réalisée par le Credoc sur un panel de 4 145 personnes âgées de 12 ans et plus, interrogées entre le 5 et le 21 juin 2025.
Parmi les services les plus utilisés, ChatGPT domine largement avec 63 % de convertis, loin devant Gemini (13 %). Plus de la moitié des sondés (51 %) combinent au moins deux services, signe d’une diversification des usages. « L’IA est devenue l’outil privilégié pour la recherche d’informations, la rédaction et la traduction de contenus », indique Zakari Alahyane, membre du collège de l'Arcep. En revanche, la recherche d’informations reste majoritairement effectuée via les moteurs classiques (59 % contre 28 % via l’IA). Les utilisateurs mettent en avant le gain de temps (41 %) et la simplicité d’utilisation (33 %) comme principaux atouts.
Une adoption rapide de la GenAI, mais inégale
Si l’adoption progresse fortement, elle n’est pas répartie uniformément sur l’ensemble de la population. L’observatoire constate que les jeunes adultes notamment les 18-24 ans et les 25-39 ans constituent le plus fort bataillon des usagers de la GenAI ( 51% pour la première tranche d’âge et 46% pour la seconde). Les cadres, mais aussi les chefs d’entreprise adoptent cette technologie rapidement sous l’impulsion du développement des stratégies IA en entreprise. Les adolescents ne sont pas en reste avec une très forte progression du taux d’utilisation au grand dam des enseignants qui doivent composer à ces outils. Par contre, l’adoption reste en retrait chez les ouvriers, les retraités et les personnes âgées, constate l’enquête.
Parmi les freins observés à cette diffusion rapide, le principal reste le manque de confiance dans l’IA. L’inquiétude porte autant sur la fiabilité des réponses que de l’utilisation des données personnelles, citée par 30% des répondants. Entre 2024 et 2025, cette défiance a légèrement augmenté : 42 % des Français déclaraient ne pas faire confiance à l’IA en 2024, contre 46 % en 2025, malgré la montée en puissance de son usage. Vient ensuite le manque de compétence, mentionné par 26 % des répondants, qui limite encore l’appropriation de ces outils. En pratique, quatre Français sur dix déclarent rencontrer des difficultés avec le numérique. Parmi les utilisateurs de l'IA, seuls 11 % se jugent « très compétents », tandis que 27 % estiment ne pas l’être du tout.

Les jeunes générations, particulièrement les 12-17 ans et les 18-24 ans, adoptent massivement l’IA générative. (Crédit: Arcom)
La fibre et la 5G progressent encore
Du côté des infrastructures, le baromètre montre un paysage plus homogène qu’il y a quelques années. En 2025, 86 % de la population dispose d’un abonnement à Internet haut débit, devenu un standard durable, explique Zakari Alahyane. Parmi ces abonnés, 78 % sont raccordés à la fibre optique, et le clivage entre zones urbaines et rurales s’est fortement réduit grâce aux déploiements accélérés dans les territoires moins denses, soutenus par le plan France Très Haut Débit, lancé en 2013. Récemment, l’Arcep a indiqué que la fibre FttH couvrait au 30 septembre 2025 93,5 % des foyers.
Les usages reflètent désormais un profil hybride : huit Français sur dix se connectent à la fois via des réseaux fixes et mobiles, alors que 7 % n’utilisent que le mobile. Parmi les 91 % de possesseurs de smartphones, 61 % disposent d’un terminal compatible 5G (soit une progressions de 13 points par rapport à 2024), bien que l’usage effectif dépende encore de la couverture et des offres proposées.

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