La PGA (Professional Golfers' Association) of America est en train de construire un complexe de classe mondiale près de Dallas, avec plusieurs terrains de golf et différents commerçants, un projet qui devrait être achevé l'année prochaine. Celui-ci n'est que l'une des principales initiatives en cours de l'association de golf à but non lucratif, qui propose également une myriade de tournois et d'événements, des services spéciaux et des cours à ses 28 000 membres. Parmi ceux-ci figurent des célébrités, des professionnels nationaux du golf, des entraîneurs, des joueurs amateurs et des personnes qui travaillent dans l'industrie du golf, indique Kevin Scott, directeur technique de la PGA of America. Si bon nombre de ces projets de nouvelle génération sont sur la bonne voie, c'est en partie grâce à la décision de l'organisation de se tourner vers le cloud public, bien avant que la pandémie ne frappe.

La PGA of America représente la principale association de golfeurs et d'entraîneurs à l'échelle nationale, gérant l'adhésion des nouveaux membres et le suivi des membres existants, des cotisations et des réunions de comités. L'organisation, basée près de West Palm Beach, en Floride, a migré toutes les données de son siège social et de ses trois datacenters à Charlotte, Louisville et Atlanta vers Amazon Web Services et une poignée de fournisseurs SaaS en 2019. L'objectif principal était de réduire le gaspillage et d'automatiser les tâches manuelles, afin que les équipes de PGA puissent profiter du temps ainsi libéré pour aider à développer des outils servant les plans de croissance de l'association. Kevin Scott se souvient clairement d'un incident survenu avant la migration, au cours duquel il a dû affecter un ingénieur senior à la recherche d'un numéro de suivi FedEx pour un ventilateur défectueux, commandé pour un serveur désactivé dans l'un des datacenters de PGA. « Tout ceci est du gaspillage. En passant chez AWS, nous ne savons plus rien de tels incidents », souligne Kevin Scott, qui a récemment été nommé premier directeur technique de la PGA of America grâce à son travail sur la transformation.

Pourtant, cette migration n'était pas une mince affaire et elle a nécessité beaucoup de planification. Il a fallu par exemple décider s'il fallait stocker les données des membres dans AWS et comment, ou s'il fallait trouver un outil de remplacement, comme l'association l'a fait pour la gestion des dépenses des tournois et des bourses, en se tournant vers une solution SaaS moyennant un abonnement mensuel. Le résultat final est une organisation plus robuste et automatisée, selon Kevin Scott, avec des coûts réduits. « Notre ambition était simplement de nous améliorer, mais nos coûts ont également diminué de moitié », indique le CTO.

La percée du cloud au sein de la PGA

La PGA a commencé à fermer ses datacenters et à redéfinir les pratiques IT il y a environ trois ans. Désormais, tous les systèmes internes ont été arrêtés et la plupart des données de PGA sont hébergées sur AWS ou dans des applications SaaS. Kevin Scott et son département IT de 100 collaborateurs ont travaillé dur pour rendre les tâches plus efficaces et éliminer les données obsolètes. « Tous les systèmes ont dû se battre pour leur vie », relate le CTO. « Il y avait certains outils dont nous n'avions plus besoin, que nous allions mettre en fin de vie, avec l'accompagnement au changement nécessaire pour tuer le tout. »

Certes, la PGA of America ne déploie pas une plateforme hybride multicloud, mais l'architecture technique et les capacités de son cloud sont tout sauf simples. George Whitaker, directeur senior des technologies d'entreprise pour la PGA of America, explique par exemple qu'établir des duos de golfeurs dans des tournois est un processus non trivial, qui était auparavant effectué par un code personnalisé exécuté sur des machines virtuelles dans un datacenter. Lors de la migration initiale, l'équipe IT a déplacé l'application vers AWS, mais elle a récemment choisi de la migrer vers Workday, une application SaaS de gestion du capital humain, pour obtenir le maximum de bénéfices.

En ce qui concerne AWS, la PGA a évité les machines virtuelles Amazon EC2 au profit de services de bases de données relationnelles Amazon RDS et de stockage S3, ainsi que d'autres services cloud natifs de premier plan tels que l'entrepôt de données Redshift, le service de diffusion de contenus CloudFront et le moteur de calcul serverless Fargate. « Je dirais qu'il s'agit en quelque sorte de la crème de la crème du cloud AWS », estime Kevin Scott. En complément, PGA utilise des logiciels SaaS parmi les meilleurs du marché, tels que Workday, Salesforce, Okta, Google Workspace, Slack et Looker, ainsi que les meilleures solutions de cybersécurité et de pilotage de la sécurité en mode SaaS, indique le CTO.

La PGA of America n'est pas la seule organisation à but non lucratif à rechercher la facilité et l'efficacité qu'offrent une migration complète vers le cloud public, selon Sid Nag, vice-président et analyste chez Gartner. « Les organisations à but non lucratif, plus que d'autres types d'organisations, cherchent toujours à gagner en efficacité sur le plan opérationnel, métier et fiscal. Il n'est donc pas surprenant que les organisations à but non lucratif se tournent naturellement vers le cloud public pour leurs besoins IT et applicatifs », observe Sid Nag. « De plus, les organisations à but non lucratif manquent généralement en interne des compétences DevOps nécessaires pour développer des applications de back-office, telles que la paie », poursuit-il. « Utiliser une application SaaS fonctionnant dans le cloud public pour répondre à de tels besoins est donc naturel. »

Porter le jeu plus loin

Le prochain sujet pour la PGA of America ? Internaliser les statistiques sur les meilleurs joueurs. Aujourd'hui, l'organisation emploie des partenaires pour établir les statistiques sur les joueurs d'élite, destinées à la presse et à la télévision, mais « ce sera différent dans un an ou deux" », confie Kevin Scott. « Nous avons tendance à faire beaucoup plus de choses nous-mêmes. » La PGA souhaite aussi lancer un projet pour « collecter davantage de données de jeu et de performance et rendre celles-ci partageables entre joueurs et entraîneurs, afin d'aider tous les joueurs, novices ou professionnels, à s'améliorer », a indiqué Kevin Scott. À terme, la PGA of America envisage d'adopter l'IA et l'apprentissage automatique et d'explorer les plateformes de réalité augmentée et de réalité virtuelle (AR/VR) dans le but, par exemple, de révolutionner la façon dont les entraîneurs enseignent et dont les étudiants apprennent. « La finalité de notre transformation numérique était de pouvoir nous décharger des préoccupations budgétaires et mentales associées aux sujets ennuyeux et banalisés, comme le fait de maintenir les lumières allumées, afin de mobiliser davantage ces ressources sur des sujets que nos membres considèrent comme précieux », explique le CTO. « L'un des principaux avantages, par exemple, est de donner à nos membres accès à un système CRM, afin qu'ils puissent mieux rester en contact avec leurs clients. C'est une bonne affaire pour eux. »

Le CTO a deux défis majeurs devant lui : trouver des talents techniques et aider à construire le prochain siège social à Frisco, au Texas, pour offrir la meilleure installation technique aux professionnels du golf, aux entraîneurs et aux étudiants. Si la réalité augmentée et la réalité virtuelle en sont à leurs débuts, la PGA of America a récemment publié un jeu de golf en réalité augmentée pour attirer plus d'enfants dans son programme de golf PGA Jr. League, et elle prévoit de se plonger dans des technologies plus avancées pour son nouveau siège social au Texas, qui comprendra un complexe touristique Omni, un espace de commerces et de détente et deux terrains de golf. Les plus grandes opportunités avec ce nouveau siège de Frisco proviennent du lancement du centre en ligne PGS Coaching Center, qui offre des expériences numériques mobiles remarquables aux consommateurs, venant compléter les parcours de golf globaux des athlètes, indique Kevin Scott. « Si vous regardez au niveau global comment la PGA dépense son budget technologique, il est nettement préférable de le dépenser pour aider les gens à profiter des moments où ils jouent au golf et à découvrir de nouvelles façons de pratiquer le golf avec l'un de nos membres, plutôt que de dépenser cet argent pour remplacer ce stupide ventilateur qui s'est perdu dans le tracking de FedEx », conclut-il.