Après avoir ciblé les entreprises avec le programme « Osez l'IA », le gouvernement s'attaque désormais au défi des compétences. Présenté le 22 septembre, par Jean Pierre Farandou, ministre du Travail et Roland Lescure, ministre de l'Économie dans les locaux de Station F, le plan « Impulsion IA 2027 » mobilise 80 M€ autour de douze mesures destinées à accompagner la transformation du monde du travail sous l'effet de l'intelligence artificielle. L'ambition affichée est de sensibiliser, former ou accompagner plus de 30 millions de personnes d'ici à 2027.
L'initiative intervient alors que l'adoption de l'IA progresse rapidement dans les entreprises françaises. Selon les données de l'Insee, 18 % des sociétés de 10 salariés ou plus utilisent désormais au moins une technologie d'IA, contre 6 % en 2023. Cette progression masque toutefois d'importantes disparités entre grandes entreprises et PME, ces dernières restant nettement moins équipées et moins matures sur le sujet.
Le manque d’expertise demeure un frein majeur
Pour l'exécutif, l'enjeu n'est plus seulement de favoriser l'accès aux technologies mais d'accompagner leur appropriation. Les enquêtes de l'Insee montrent que le déficit de compétences constitue aujourd'hui l'un des principaux obstacles à l'adoption de l'IA. Plus de la moitié des entreprises utilisant déjà ces technologies déclarent être freinées par un manque d'expertise, tandis que 54 % des organisations qui n'y ont pas recours citent également ce facteur. Le plan Impulsion IA 2027 s'articule autour de quatre axes, former les actifs aux usages de l'IA, anticiper les transformations des métiers, accompagner les entreprises dans leurs projets et renforcer le dialogue social autour de ces technologies.
Parmi les mesures phares figure le lancement d'« Explore IA », une plateforme publique gratuite et ouverte à tous. Celle-ci proposera des parcours d'initiation et d'approfondissement afin d'aider les actifs à comprendre les principaux usages de l'intelligence artificielle, mais aussi ses impacts sur les métiers et l'organisation du travail. Le gouvernement prévoit également des dispositifs spécifiques pour les apprentis et les centres de formation d'apprentis (CFA), avec des modules consacrés aux usages professionnels de l'IA générative. Des financements dédiés doivent soutenir le déploiement de ces parcours. Autre chantier annoncé, la création d'une certification nationale permettant aux actifs de valoriser leurs compétences en IA. Développée avec l'Anssi et l'Afpa, elle doit fournir un cadre commun d'évaluation des connaissances et des savoir-faire liés à l'utilisation de ces technologies.
Un accompagnement renforcé pour les PME
Le plan accorde une place importante aux petites structures, souvent moins avancées dans leurs projets d'IA. L'objectif est de les accompagner sur les dimensions technologiques mais aussi organisationnelles, notamment en matière de gestion des compétences, de ressources humaines et de conduite du changement. Dans cette optique, les 408 Task Forces Entreprises de France Travail seront mobilisés pour sensibiliser les TPE et PME et les aider à identifier des cas d'usage adaptés à leur activité. Un observatoire dédié aux effets de l'IA sur le travail doit également être mis en place afin de suivre l'évolution des métiers et des compétences.

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