Après l’euphorie, les entreprises sont confrontées à la dure réalité du terrain. Les promesses de l’IA en terme de gains de productivité et donc de revenus supplémentaires ont fait long feu. C’est un des enseignements de l’étude menée par PWC auprès des dirigeants du monde entier (4 454 directeur généraux de 95 pays ont répondu fin 2025). Sur la France en particulier, le constat est amer avec 81% des patrons sondés qui estiment que l’IA n’a eu aucun impact sur leur chiffre d'affaires, ni de réduction de coûts. Il s’agit du plus fort taux de déception par rapport à d’autres zones géographiques (56% en Asie, 77% aux Etats-Unis). Ils sont seulement 12% à obtenir la combinaison magique : réduction des coûts et augmentation des revenus.
Dans son analyse, PWC précise que « l’IA n’est pas un gadget d’efficacité, mais une arme de disruption commerciale ». Autrement dit, l’emballement autour de cette technologie a été fort, mais n’a pas peut-être pas été assez réfléchi en terme d’usage. Pour le cabinet de conseil, « le défi reste le passage à l’échelle » et que moins d’un quart des sondés français ont déployé l’IA massivement dans certains domaines clefs. Ainsi seul 21% des entreprises mettent à disposition cette technologie auprès des fonctions ventes, marketing et service client. Ce taux est de 24% concernant les fonctions supports (finance, juridique et RH).
Les dirigeants un peu trop optimistes sur leur IT
Par ailleurs, les entreprises doivent se méfier du sur-optimisme technologique. En effet pour PWC, il existe un décalage entre les dirigeants qui estiment à 67% que leur environnement IT est prêt pour l’IA et les DSI qui ne partagent pas cet optimisme. Ces derniers pointent du doigt le problème de qualité des données, l’hétérogénéité des SI et la dette technique comme freins à un passage à l’échelle des projets IA.
Au-delà des aspects techniques et financiers de l’IA, les dirigeants ne doivent pas oublier l’impact de la technologie sur l’emploi. Au fur et à mesure de son appropriation par les équipes, celles-ci vont évoluer avec la disparition de certains postes. « En France, cela concernera 11% des juniors, 8% des fonctions intermédiaires et 14% des fonctions supérieures d’ici trois ans », précise PWC. Il ajoute que le cas des juniors divise les entreprises, la moitié d’entre elles pensent qu’elles auront moins besoin de jeunes, alors que l’autre moitié parie sur des effectifs stables ou en augmentation.

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