Lundi 2 novembre, les installations frigorifiques de plusieurs supermarchés européens ont été manipulées à distance, provoquant des pertes de marchandises et des perturbations opérationnelles. Un scénario qui rappelle les incidents survenus quelques semaines plus tôt en France.

Une nouvelle vague de cyberattaques

Plusieurs enseignes européennes ont signalé des dysfonctionnements de leurs équipements de réfrigération. En Belgique, une quarantaine de magasins Delhaize auraient été touchés, tandis que plusieurs points de vente Carrefour ont également signalé des incidents. Des magasins Intermarché et Spar figurent aussi parmi les établissements concernés.

La Suède et l'Irlande sont également affectées, l'enseigne ICA a confirmé des incidents dans plusieurs magasins, tandis qu'au moins treize supermarchés SuperValu ont confirmé la perte de produits frais et surgelés. Le Luxembourg, les Pays-Bas et l'Estonie figurent aussi parmi les pays concernés. 

Le mode opératoire observé consiste à modifier à distance les paramètres des installations frigorifiques, notamment en déclenchant leur cycle de dégivrage. Dans certains établissements, les températures auraient atteint 50 à 55 °C. Les conséquences sont immédiates : rupture de la chaîne du froid, destruction de denrées alimentaires et réduction temporaire de l'offre en magasin.

La France avait déjà subi des attaques similaires

Cette nouvelle vague fait écho aux événements de la nuit du 11 au 12 octobre dernier en France. Plusieurs grandes enseignes, dont Carrefour, Intermarché, Monoprix et Coopérative U, avaient alors été touchées par une cyberattaque à distance. Environ 700 magasins auraient été concernés par la compromission de leurs systèmes de réfrigération.

À la suite de ces incidents, le CERT-FR avait notamment publié une alerte concernant des contrôleurs frigorifiques Danfoss AK-SM, AK-SC, Copeland xweb et Dixell xweb compromis. Danfoss a de son côté indiqué que certains équipements touchés fonctionnaient avec des micrologiciels obsolètes.

Des équipements industriels insuffisamment protégés

La connexion à Internet des systèmes de froid répond à des besoins opérationnels : supervision centralisée, maintenance à distance et optimisation de la consommation énergétique. Mais cette connectivité élargit également la surface d'attaque des magasins. Une interface de gestion exposée, un équipement insuffisamment mis à jour ou des accès distants mal sécurisés peuvent devenir des points d'entrée.

Ces installations restent trop souvent absentes des priorités de cybersécurité des distributeurs. Or, leur compromission peut avoir des conséquences physiques et économiques directes, sans nécessiter de viser les systèmes informatiques centraux de l'entreprise. Bien que le mode opératoire soit identique à celui de l'attaque survenue en France, rien ne permet d'affirmer qu'il s'agit d'une action coordonnée.