En quelques années, l’IA est passée d’une technologie émergente à un moteur central de l’innovation et de l’investissement. Des start-ups aux géants technologiques, tous misent sur elle pour transformer produits, services et processus. En 2025, les investissements en capital‑risque à l’échelle mondiale dans les start-ups IA a capté pour la première fois plus de la moitié de la valeur totale des levées de fonds, selon un rapport de BestBrokers basé sur les données de PitchBook, CB Insights et Liquidity.
Les investissements se concentrent sur quelques géants
Alors que l’écosystème global du capital‑risque ralentit fortement depuis quelques années, les investissements dans les start-ups IA continuent d’afficher une vigueur remarquable. En 2025, elles ont levé 270,2 Md$, ce qui correspond à près de 53 % du montant total investi par les VC dans le monde, évalué à 512,6 Md$. Des chiffres loin d'être atteints en France : selon un observatoire publié en 2023 par France Digitale et Sopra Steria, les start-ups françaises spécialisées dans l’IA avaient seulement levé environ 3,2 Md€.
Cette dynamique illustre deux tendances principales. Premièrement, les investisseurs sont de moins en moins nombreux à financer un grand nombre de projets, préférant concentrer leurs fonds sur des acteurs jugés probables ou dominants. Deuxièmement, les montants moyens des tours de table continuent de croître, dépassant souvent le milliard de dollars. Parmi les levées les plus spectaculaires de 2025 figure l’investissement record de 40 Md$ réalisé par SoftBank dans OpenAI (dépassé depuis par celui de 50 Md$ d'Amazon dans le cadre du dernier financement à 110 Md$ du spécialiste IA), qui s’impose comme l’une des plus importantes injections de capitaux dans une société non cotée de l’histoire. Un montant largement supérieur aux 14,3 Md$ injectés par Meta dans Scale AI.
Moins de start-ups financées mais des montants par entreprise en hausse
Depuis 2022, les start-ups IA captent une part croissante du capital-risque mondial, alors que les investissements dans les autres secteurs se stabilisent ou diminuent. En 2025, l’IA représente pour la première fois plus de la moitié de tous les investissements en capital-risque, un basculement amorcé dès le dernier trimestre 2024 lorsque le financement a atteint 66,7 Md $. Cette progression s’explique en grande partie par quelques très grosses opérations : OpenAI, Databricks, Anthropic et xAI ont levé des fonds de plusieurs milliards de dollars chacun, faisant grimper la valeur moyenne des transactions et établissant une nouvelle référence pour les investissements trimestriels.
Tout au long de 2025, le financement reste élevé : 75,5 Md$ au premier trimestre, 56,9 Md$ au deuxième, puis 65,4 Md$ au troisième et 72,4 Md$ au dernier trimestre. En parallèle, les autres secteurs ont levé entre 56 et 66 Md$ par trimestre. L’IA représente donc systématiquement environ la moitié, voire plus, du capital-risque mondial. Malgré cette augmentation des montants, le nombre de transactions trimestrielles reste stable, entre 2 700 et 3 300 accords, alors que le marché global du capital-risque continue de se contracter. Les investisseurs privilégient désormais les start-ups ayant un potentiel technologique et commercial éprouvé, concentrant les fonds sur un nombre restreint d’acteurs majeurs.
Des investissements géographiquement inégaux
Les financements en IA restent largement dominés par l’Amérique du Nord. En 2025, les start-ups nord-américaines ont levé 214,5 Md $, soit près de 80 % des investissements mondiaux dans le secteur. L’IA représentait 63,8 % de tout le capital-risque dans la région, confirmant que la majorité des fonds étaient concentrés sur ce domaine. Cette concentration reflète la confiance des investisseurs dans les entreprises qui construisent l’infrastructure derrière le boom de l’IA, du matériel haute performance aux plateformes cloud d’inférence.
En Europe, la croissance est plus modérée. Les start-ups ont levé 36,7 Md$, soit 13,6 % du total mondial, et l’IA représentait 43,4 % du capital-risque européen. Quelques entreprises se distinguent, comme la française Mistral AI et la britannique Nscale, qui ont levé plusieurs milliards de dollars, se positionnant parmi les leaders européens du secteur. Globalement, l’investissement reste sélectif, privilégiant les start-ups disposant d’une technologie éprouvée et d’un fort potentiel commercial.

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