Les entreprises à la recherche d'un serveur d'applications J2EE certifié devraient prochainement voir leur choix s'élargir avec la certification prochaine de trois projets Open Source. D'ici la fin de l'année, Geronimo, un projet de la fondation Apache, Jonas, le serveur J2EE du consortium européen ObjectWeb, et JBoss devrait obtenir le précieux label de compatibilité. JBoss espère être certifié d'ici la fin du mois de juin, tandis que Geronimo mise sur une validation de ses travaux pour la fin août. Jonas, soutenu notamment par Bull, France Telecom R&D et l'Inria, vise de son côté une certification pour le second semestre.



Pour John Rymer, le vice-président de Forrester Research, les serveurs Open Source constituent une alternative économique aux serveurs commerciaux de BEA, IBM, Oracle et Sun. Ils sont aussi une arme précieuse de négociation tarifaire avec ces sociétés.



Nombres d'analystes ne croient toutefois pas que la certification J2EE des serveurs Open Source amènera beaucoup d'entreprises à déserter les grands éditeurs, du moins dans l'immédiat. Nombre de dirigeants informatiques restent en effet soucieux face au modèle Open Source et préfèrent se rassurer en signant avec un vendeur établi. Les grands fournisseurs ont aussi une longueur d'avance en matière de fonctions avancées, d'outils de développements et d'offres de portail.



Pour certaines applications toutefois, les serveurs Java Open Source pourraient tailler des croupières aux serveurs commerciaux, du fait de leur faible coût. Pour Rymer, les entreprises les plus réceptives à l'argument Open Source sont celles qui disposent de programmeurs Java talentueux et qui maîtrisent leur propre architecture Web, plutôt que de calquer leur architecture sur celle de leur fournisseur.



En attendant, les grands des serveurs J2EE commencent à prendre la menace au sérieux et à riposter. Sun a ainsi récemment lancé une version gratuite de son serveur J2EE (dépourvue des fonctions avancées comme le clustering) qui rencontre un succès certain auprès des développeurs. Comme le rappelle Rymer, "les serveurs Open Source permettent de maintenir la pression sur les prix, et c'est peut-être le plus gros impact qu'auront ces produits sur BEA et IBM".