Plus d’un millier de personnes se sont données rendez-vous au Cnit à la Défense pour participer à la conférence AI World Tour 2026 d’Oracle. Christophe Négrier, directeur général d’Oracle France les a accueilli en soulignant que cette année le groupe fêtait cette année ses quarante ans de présence dans l’hexagone. En avril prochain, un nouveau siège sera inauguré dans le 8ème arrondissement. Puis il a cédé la parole à Steve Miranda, vice-président exécutif du développement des applications chez Oracle.

Steve Miranda, vice-président exécutif du développement des applications chez Oracle, a rappelé que la société mettait à disposition plus de 600 assistants et agents IA. (Crédit JC)
Ce dernier a focalisé son intervention sur les agents IA qui se diffuse de plus en plus au sein de la suite Fusion de la firme. « Nous avons aujourd’hui plus de 600 agents et assistants pour les applications Fusion dans différents domaines RH, supply chain, finance,… » a-t-il indiqué. Il met bien évidemment l’ensemble du portefeuille de produits Oracle sous-jacent comme la base de données, une infrastructure cloud (OCI) taillée pour le traitement IA, des outils pour développer des agents (Agent Studio). Mais derrière ce discours, est-ce que les entreprises se servent réellement de l’IA ? A l’occasion d’un point presse, Sylvain Letourmy en charge du développement des applications Fusion chez Oracle France explique que « 60% de nos clients utilisent ou ont mis en place un assistant ou un agent IA ». Interrogé sur les plus populaires, il note « une appétence dans le domaine des RH pour la gestion des objectifs, leur fixation, l’analyse et le suivi, … ». Néanmoins, il reconnait que « certains clients vont très vite et d’autres un peu moins ».
Des clients à maturité différente sur l’IA
Un décalage que l’on retrouve dans les tables-rondes organisées avec des clients comme Technip et Michelin. Pour le premier, la société d’ingénierie des projets énergétiques s’est d’abord engagée dans une modernisation de son ERP avant de parler IA. « Nous avons migré 12 000 personnes d’un ERP on premise vers l’ERP cloud d’Oracle avec des modules HCM, core finance, procurement et manufacturing », explique Sylvain Champonet, vice-président du digital et l’excellence opérationnelle chez Technip. Sur la partie IA, « nous commençons à utiliser certaines fonctionnalités disponibles dans l’ERP, mais cela reste des balbutiements chez nous avec des phases d’étude sur les fonctions support RH et finance », reconnait-il. Mais des cas d’usages sont aussi en réflexion, « nos ingénieurs doivent travailler sur des listes de stress test de lignes critiques. Cette tâche est réalisée manuellement. Nous travaillons pour que l’IA puisse en fonction des données passées, du projet, des plans, dresser une liste de test à faire. Elle sera validée par l’opérateur », explique le dirigeant.

Christophe Négrier, DG d'Oracle France (à gauche), a interrogé Yves Caseau, CDIO de Michelin (à droite), sur les apports de l'IA. (Crédit JC)
De son côté, Yves Caseau, CDIO (chief digital and Information Officer) de Michelin, intègre de plus en plus d’IA au sein de l’entreprise tout en n’oubliant pas le volet humain. « Aujourd’hui, quand vous visitez une usine Michelin, il y a beaucoup de robot et des personnes. Plusieurs choses sont automatisées et intègrent de l’IA », déclare-t-il. Et de citer l’exemple « d’une machine nommée Iris qui fait du contrôle visuel de la qualité sur les pneus. C’est du deep learning, du computer vision. Elle est équipée de 100 caméras, 2/3 en 2D et 1/3 en 3D. Il y a néanmoins besoin d’humains experts pour traiter les cas litigieux ». Il regarde attentivement l’IA agentique « qui va faire disparaître une grande partie des tâches répétitives » en s’intéressant par exemple « au vibe coding en mode exploratoire ». Car pour le dirigeant difficile de prévoir les évolutions dans ce domaine et comment un DSI doit de positionner en la matière.

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