« Nous devenons une valeur de retournement », nous lance Jaime Guevarra, directeur général de Prologue. Arrivé aux manettes en septembre 2010, le directeur général de Prologue se veut confiant et séducteur vis-à-vis des investisseurs. Mais personne ne reconnaît  vraiment le Prologue des années passées.  Outre ce changement de tête, la société a subi une refonte de son capital et surtout de ses activités. L'actuelle société Prologue comprend, pour un tiers, une partie édition, c'est l'ancienne activité de l'éditeur. Pour le reste et pour l'essentiel, elle compte une partie intégration et opérateur de système d'information. Cette activité vient d'Alhambra, sa filiale espagnole, qui lui apporte sa dynamique, son « dg » et son plan de développement.

Jaime Guevarra a d'abord réorienté Prologue vers d'autres lignes d'activité et de d'offres. « Nous nous sommes appuyés sur l'innovation et avons collaboré avec l'Institut Télécom et l'Ecole des Mines pour des projets en R&D » souligne le dg. La société a ainsi déposé des brevets et lancé des offres autour du cloud computing. Prologue participe à Compatible One, consortium qui regroupe Bull et 13 partenaires.  Et elle a été sélectionnée par Oséo pour son projet CloudPort de migration vers le cloud et de partage d'applications.

Prologue suit le modèle Alhambra

Prologue est ainsi placé sur un modèle de développement différent en adoptant celui de sa filiale Alhambra. Il est basé sur la prestation de services, gérée dans le cloud et sur l'intégration. La partie édition, l'ex Prologue, est pour sa part, composée de trois activités, chacune compte pour un tiers : la dématérialisation des flux, la gestion de flux et de fax sous IP, les systèmes d'accès. C'est la seule activité en baisse dans le dernier exercice.

Ainsi restructurée, la société se développe également  à l'international, en Amérique latine et en Pologne, où Alhambra compte des filiales et aux Etats-Unis, où elle rachète l'ancienne filiale de Prologue, Imecom. Une opération financière qui permet à léditeur de retrouver de l'argent frais.

« Nous avons restructuré nos offres en 2011 afin de retrouver le chemin de la croissance » plaide Jaime Guevarra. Il y a urgence. Le Tribunal de commerce de Créteil a adopté le 28 décembre dernier une modification de son plan de continuation, avec un échéancier pour le paiement des créanciers, jusqu'en 2015. Des locaux sont cédés à Gemenos. Des créances abandonnées. Jaime Guevarra, fort de cette stratégie, ambitionne de sortir du plan de continuation le plus tôt possible. Il va aussi procéder à une opération de marché auprès de nouveaux investisseurs et des actionnaires historiques.


(*) Jaime Guevarra a été nommé suite à la démission houleuse d'Eric Dermont, qui a fondé Effitic.