En direct de Las Vegas. Le fournisseur de datawarehouse cloud Snowflake renoue avec les événements en physique. La dernière édition sur site remonte en effet à 2019, avant la pandémie. En 2020 et 2021, la firme avait ensuite proposé un événement virtuel pour garder le lien avec son écosystème de clients et de partenaires. Aujourd’hui, elle fait donc les choses en grand pour l’occasion et Snowflake Summit 2022, qui se tient du 13 au 16 juin, devrait rassembler 10 000 personnes à Las Vegas. Pour ouvrir le bal, Frank Slootman, CEO de Snowflake depuis avril 2019, est revenu sur la croissance de la firme. Avec 5 944 clients dans son portefeuille - dont 506 des 2021 entreprises du Forbes Global 2000 – le fournisseur se porte plus que bien.

Frank Slootman est à la tête de Snowflake depuis avril 2019. (Crédit : Snowflake)

L’éditeur annonce un revenu total de 1,2 milliard d’euros en 2022 contre 592 millions d’euros en 2021. Touchant des secteurs de plus en plus variés, la firme montre clairement son objectif : mobiliser l’ensemble des données dans le monde. En France, l’entreprise se montre très rassurée sur son avenir, se considérant « comme un fournisseur clé de la data economy ». Edouard Beaucourt, country manager France chez Snowflake, précise que l’entité française est passée de 30 à une centaine de collaborateurs en un an, un changement qui s’est accompagné d’une croissance forte du nombre de clients dans des domaines tels que les télécoms, la grande distribution, l'industrie du luxe, la logistique ou encore l’énergie et le manufacturing. Snowflake a par ailleurs largement profité des besoins apparus lors de la pandémie chez certaines entreprises et de l’obligation de prise de décision rapide. Elle s’est ainsi adressée à des métiers qui jusqu’alors n’étaient pas digitalisés et ont eu un besoin urgent d’avancer dans leurs projets. Faisant un point sur le portefeuille de solutions de Snowflake, Edouard Beaucourt considère que l’éditeur exploite jusqu’à 80 % du cycle de vie des données et vise les 100 % dans les années à venir.

Une feuille de route chargée

Pour présenter les dernières solutions et fonctionnalités qui renforceront l’écosystème Data Cloud, c’est Benoit Dageville, co-fondateur de Snowflake et président responsable des produits, qui est intervenu. Fidèle à son habitude de présenter une feuille de route pour les deux années à venir, il a donc déroulé le lot d’innovations de Snowflake visant à alimenter Data Cloud. La plateforme d’unification de données dans l’entreprise offre également les moyens de les partager avec d’autres organisations au niveau mondial. Tout d’abord, la capacité à fournir un accès rapide aux données, même à l'échelle du pétaoctet afin que chacun puisse « exécuter toutes [ses] charges de travail dans Snowflake ». Une avancée « rendue possible par notre architecture de données partagées multi-clusters qui découple complètement le stockage des données de l'informatique » explique-t-il. De fait, les ressources peuvent être accélérées et réduites en quelques secondes, où l'électricité est fournie instantanément à chaque poste de travail.

L'un des fondateurs de Snowflake, Benoit Dageville, est revenu sur les mises à jour du Data Cloud à l'occasion du Summit 2022. (Crédit : Snowflake)

Il poursuit en évoquant Snowgrid - plateforme où chacun peut partager et collaborer facilement sans ETL – en précisant que cette dernière peut connecter toutes les régions et offre la possibilité de migrer entre les différents cloud. Benoit Dageville aborde également l’aspect programmable du Data Cloud. En ce sens, Snowflake annonce étendre le support natif de Python et lance Snowpark for Python, désormais disponible pour tous les clients en preview publique, dans le but de rendre « l’écosystème de packages et de bibliothèques open-source de Python accessible aux data scientists, data engineers et développeurs d'applications » précise l’éditeur. Le framework de développement Snowpark, introduit en juin 2021 et disponible à tous depuis fin janvier permet notamment à ces métiers de créer des applications et des flux de machine learning évolutifs directement dans Snowflake en utilisant leurs langages et bibliothèques préférés. A noter qu’une intégration native avec Streamlit – acquis en mars dernier – pour le développement et l'itération rapides d'applications est en cours de développement.

Framework et workloads au menu

Snowflake annonce le lancement d’un Native Application Framework dédié à la création, la monétisation et le déploiement d'applications dans son datastore. Actuellement en preview privée, ce framework s’adresse aux développeurs qui souhaitent créer des applications et les monétiser sur la Marketplace de Snowflake. « Les utilisateurs pourront installer et exécuter ces applications en toute sécurité, directement dans leurs instances Snowflake, réduisant ainsi le besoin de déplacer les données » précise l’éditeur. Ce framwork utilisera des fonctionnalités telles que l'intégration de Streamlit pour le développement d'interfaces client interactives et des fonctions de télémétrie, de gestion des événements et des alertes pour la surveillance et le dépannage, sont également en cours de développement. Avec cet outil, l’éditeur souhaite que « les développeurs du data cloud puissent se concentrer sur les fonctionnalités et non sur la charge opérationnelle ».

Également à l’ordre du jour, le lancement des services Unistore et Cybersécurité. Unistore propose un workload pour unifier les données transactionnelles et analytiques dans le datastore. Dans le cadre de ce workflow, Snowflake lance les Hybrid Tables, qui offrent des opérations rapides sur une seule ligne et offrent aux entreprises des moyens supplémentaires pour effectuer des analyses rapides sur les données transactionnelles. « De la même manière que nous avons redéfinie les data lake et les data warehouse pour nos clients, Unistore inaugure une renaissance de la construction et du déploiement d'une nouvelle génération d'applications dans le Data Cloud », a déclaré Christian Kleinerman, vice-président senior chargé des produits de Snowflake. Quant au workload Cybersécurité, ce dernier devrait offrir aux équipes de cybersécurité davantage de visibilité et d’automatisation à l’échelle du cloud. « Les clients sont en mesure de stocker efficacement des années de données volumineuses, d'effectuer des recherches avec des ressources informatiques évolutives à la demande et d'obtenir des informations à l'aide de langages universels tels que SQL et Python, actuellement en private preview » affirme Snowflake. Le workload Cybersécurité prend en charge un large spectre de cas d'utilisation, notamment la conformité à la sécurité, la sécurité du cloud, l'identité et l'accès, la gestion de la vulnérabilité, etc.