LMI : Vous avez fait l'acquisition de CloudSimple et noué un partenariat d'intégration plus poussé avec VMware, comment s'articule les deux annonces ?

CloudSimple va nous aider à accompagner la migration des environnements VMware de nos clients dans le cloud. Par ailleurs, nous avons annoncé un accord avec VMware pour une plus grande intégration entre Google Cloud Platform et l'écosystème VMware. CloudSimple est la brique technologique de cet accord. Il y a beaucoup de demandes de la part de nos clients sur ce sujet.

CloudSimple permet aussi de migrer des environnements VMware sur Azure, est-ce que ce service va continuer ?

Oui, nous continuons d’assurer le support des clients pour cette offre aujourd’hui et pour le futur.  

Quelle distinction faite-vous entre CloudSimple et Anthos ?  

CloudSimple est utilisé si vous voulez retrouver les éléments de Cloud Foundation de VMware, cela signifie avoir ESX, NSX-T pour la partie réseau, VSAN pour la partie stockage. Dans ce cas-là, CloudSimple peut déplacer vos workloads dans le cloud. Anthos s’adresse à deux types de problématiques : construire des applications cloud native qui peuvent aussi fonctionner sur votre environnement on premise, ou de manière hybride et pas nécessairement sur Google Cloud ; mais aussi donne des outils pour évoluer des VM aux conteneurs comme l’annonce que nous avons faite autour de Migrate for Anthos.  

La tendance est au multicloud, mais les entreprises choisissent majoritairement la voie du cloud privé. Quelle est votre vision sur ce sujet ? 

Nous voyons ce que certains appellent le cloud privé où plutôt le cloud hybride avec des capacités cloud fonctionnant sur le datacenter des clients. Mais nous observons aussi de plus en plus d’entreprises s’intéresser au multicloud notamment les grandes entreprises. La raison est qu’elles souhaitent former les collaborateurs sur une gamme d’outils standardisés à la fois pour les développeurs et pour leurs modèles opérationnels, plutôt que de multiplier les équipes spécialisées sur tel ou tel cloud. Il existe aussi un troisième cas de figure où les entreprises veulent une indépendance par rapport aux fournisseurs de logiciel en mode SaaS. Elles veulent du multicloud sans avoir besoin de réécrire des lignes de code pour chaque application. Dans ce cadre, nous avons signé des contrats avec des clients clés dans le domaine bancaire, mais aussi beaucoup dans la grande distribution. 

Quelle est votre stratégie sur les nouveaux territoires que sont l’IoT ou l’Edge computing ? 

Sur l’IoT, nous avons déjà une offre et nous avons noué des partenariats. Nous proposons ainsi une plateforme big data et analytique pour l'Internet des objets. Après dans chaque industrie, nous travaillons avec des partenaires sur le sujet du dernier kilomètre. Dans l’industrie, nous travaillons avec Siemens ; Phillips dans le domaine de la santé et Ericsson dans le secteur des télécommunications. Sur ce dernier point, pour surveiller le réseau télécom, Ericsson a plus d’expertise pour s’occuper du dernier kilomètre. Nous fournissons de notre côté le back-end avec une plateforme data et IoT. 

Et dans le Edge computing ? 

Dans ce domaine, les clients peuvent s’appuyer sur Anthos et le configurer pour l’intégrer dans le réseau, ils peuvent ainsi transformer un simple environnement de connectivité en une plateforme de delivery des applications.  

Quelles sont vos relations avec Nutanix au moment où des rumeurs parlaient d’un rachat éventuel ?  

Nutanix a une solution qui fonctionne sur Google Cloud et de plus en plus de clients utilisent leur offre hyperconvergente. Nous continuons à travailler avec eux pour faciliter la migration des workloads Nutanix sur Google Cloud Platform. 

Vous avez annoncé une solution de type bare metal, y a-t-il réellement une demande ? 

Cette offre répond à certains besoins sur des workloads historiques. Notamment ceux tournant sur des systèmes d’exploitation anciens et ne pouvant pas fonctionner des plateformes modernes. C’est aussi le cas pour la migration de certaines charges de travail liés aux mainframes, qui ne peuvent pas tourner sur des environnements virtualisés. Il est donc nécessaire d’avoir des serveurs physiques sur Linux.  

Et sur les bases de données ? 

Oui également, les clients demandent la garantie d’une haute-performance et la virtualisation entraîne trop de frais et des risques de surcapacité. Par exemple, pour quelques applications de serveurs web, ont simplement besoin de disque en local super rapide et l’offre de bare metal apporte une réponse à ces besoins. 

La sécurité est souvent un frein mis en avant par les DSI pour aller dans le cloud public, comment lever cet obstacle ? 

Historiquement, nous disposons d’un large panel d’outils pour s’assurer que la migration dans le cloud soit sécurisée. Avec la bascule des applications critiques dans le cloud, la demande en cybersécurité est plus importante, par exemple sur les attaques DDoS. Les clients souhaitent aussi du firewall applicatif, nous avons donc lancé Armour, un service WAF (web application firewall) sur GCP. Par ailleurs, ils me disent maintenant que leur trafic réseau migre vers GCP, nous avons besoin d’outils de surveillance des intrusions. C’est pour cela, que nous avons lancé le service SIEM, Backstory qui ne surveille pas uniquement le réseau cloud mais aussi le réseau on premise. In fine, nous voulons combiner des infrastructures sécurisées et des outils pour s’assurer que les environnements ne sont pas compromis 

Au-delà de la sécurité, il y a des inquiétudes autour du Cloud Act. Quelle est votre réponse sur ce point ? 

Nous mettons en avant des solutions pour les clients européens. Nous disons aux clients français, vous pouvez garder vos données en Europe, de manière primaire ou secondaire avec le backup. Vous pouvez chiffrer les données avec votre clé. Pour cela, nous avons lancé un système de gestion des clés offline. Ainsi, vous n’avez pas à laisser les clés de chiffrement dans Google Cloud, mais vous pouvez les laisser sur votre propre datacenter en France. Vous pouvez aussi contrôler qui a accès à ces clés. Ce qui signifie que vous pouvez refuser à Google d’accéder aux clés. S’il y a une requête du gouvernement américain lié au Cloud Act, nous envoyons une notification au client, car nous n’avons pas la possibilité d’accéder aux données.  

La France n’est pour l’instant pas une région pour Google Cloud Platform, est-elle bientôt prévue ? 

Nous planifions l’ouverture de plusieurs régions. En Europe, nous avons annoncé la disponibilité d’une région à Varsovie et de deux en Italie. Nous allons continuer ce déploiement et la France est dans nos plans. Mais nous ne donnons pas de calendrier car nous sommes en phase de discussions et d’évaluations.  

Quel est le futur pour Google Cloud ? 

Nous essayons d’être bien positionnés par rapport à la concurrence et nous sommes contents d’être en croissance. De plus en plus de grandes entreprises deviennent nos clients, en France par exemple. Nous avons réalisé des gros investissements dans nos produits et un effort important sur le recrutement de commerciaux notamment en Europe et en France. Avec l'intérêt qu'ont nos clients pour nos produits, nous allons continuer à travailler pour les satisfaire et continuer ainsi notre croissance.