L'architecture VMware vSAN  (virtual SAN) - aujourd'hui dans sa version 6.6 - représente une étape importante dans le software defined computing. Cette fois, le rôle du composant vSAN est de fournir du stockage « software defined ». Et si l'intégration de tiers est possible, elle est complexe. Auparavant, l'architecture systèmes consistait en un serveur unique avec une unité de calcul, un système d'exploitation, du réseau et du stockage dédiés. L’abstraction apportée par la virtualisation a tout modifié : elle permet à un serveur de faire tourner plus d'un système d'exploitation à la fois, même si le serveur reste lié à un réseau et à une unité de stockage propres.

Qu'est-ce que l'hyperconvergence?

L'hyperconvergence est la capacité d'abstraction de tous les composants, autrement dit de l'OS, du stockage, du réseau, etc. C’est la base du datacenter défini par logiciel, distribué et pourtant convergé dans une unité de charge de travail. Le composant hyper-convergent vSAN transforme tous les espaces disque disponibles sur le serveur en un pool de stockage unique. Ce pool est partagé entre tous les serveurs dans un cluster de serveurs virtuels vSphere, la plate-forme de virtualisation des serveurs de VMware. Les disques ne sont plus exclusivement liés aux machines virtuelles tournant sur cet hôte. L'hôte contient les éléments de traitement (CPU et mémoire) et le réseau (exécuté désormais par des commutateurs virtuels), mais il n’est plus propriétaire ni maitre unique des disques qu’il abrite. Les drives (disques durs ou SSD) font désormais partie de vSAN et peuvent être utilisés par n'importe quelle charge de travail réalisée au sein du cluster. Le choix des disques dépend essentiellement des éléments de latence, ce qui signifie que les designs hybrides (localisation des disques dans différents endroits, ou cloud/datacenter) sont plus adaptés et plus réalistes pour la mise en œuvre.

Intégrer un vSAN dans un datacenter hyperconvergé

vSAN ne peut fonctionner sans SSD. Un seul suffit, qu’il faut réserver pour le cache. Par contre, vSAN supporte les autres types de disques pour le stockage. Si tous les disques sont des SSD, vSAN permet quelques options supplémentaires, comme la compression et la déduplication (soumises à licence). Les fichiers VM sont stockés sur plusieurs serveurs qui ne sont pas captifs de l'hôte sur lequel est exécutée la VM (cela inclut l’unité de traitement et la mémoire). Il est toujours possible de créer de grands pools de stockage sans vSAN, en utilisant des solutions de stockage externe. La plus courante consiste à transformer un groupe de disques (JBOD) en espaces de stockage externe via le protocole iSCSI basé sur Ethernet. Cependant, il faut passer par un grand nombre d’étapes pour assurer leur instanciation et leur maintenance et en général, ces opérations sont réalisées en dehors de VMware. Cela signifie plusieurs fournisseurs et des problèmes possibles de synchronisation entre les révisions.

Les baies de sous-systèmes de stockage externes de type RAID ou équivalents, comprenant parfois des adaptateurs de bus hôte ou d'autres plans de contrôle pour les communications, peuvent envoyer des alertes à VMware ou vers une console d'administration externe. Parce que les composants vSAN sont intégrés, il est possible d’exclure les dispositifs et les logiciels tiers de ce design hyper-convergé. La haute disponibilité peut être maintenue à l'intérieur de VMware ou, dans certains cas, sous forme d’add-on de VMware. Cette dernière solution, plus complexe, suppose de renoncer à certaines fonctionnalités, expose aux problèmes entre vendeurs mentionnés ci-dessus, et/ou oblige à recourir à des logiciels de stockage de sous-systèmes de disques externes ou de tierce partie. Parce qu’elle apporte une solution indépendante du fournisseur, l'architecture sous-jacente de vSAN permet de mettre en place des configurations serveur potentiellement peu onéreuses.