Une fois l'embargo d'Intel levé, les principaux constructeurs de serveurs ont pu détailler les caractéristiques de leurs produits intégrant les puces Xeon 5600 du fondeur. « La consolidation de serveurs et la réduction de l'infrastructure ont un effet bénéfique sur les datacenters, en réduisant l'énergie et les besoins en refroidissement » nous a expliqué Krista Satterthwaite, directrice du marketing produit de HP. La société a en effet annoncé la commercialisation de ses serveurs ProLiant G6 sur base Xeon 5600. Une gamme qui comprend des modèles blade en rack et des tours. Dell, de son coté (voir illustration ci-dessous), renouvelle sa famille avec les serveurs lame PowerEdge (M710, M610), racks (R710, R610, R510, R410) et tours (T710, T610, T410). IBM étoffe son offre avec deux serveurs en rack (le M3 x3650 et le M3, x3550), et deux serveurs tours, (le M3 x3500 et le M3 x3400).

Big Blue a également annoncé une solution de virtualisation "optimisée" avec le BladeCenter HS22V (sur base Xeon 5500), qui pourrait accueillir 30 à 50% de machines virtuelles supplémentaires sur un serveur lame. Fujitsu se distingue avec le Primergy CX1000, un serveur Xeon 5600 spécialement conçu pour répondre aux besoins des solutions de type IaaS (Infrastructure as a Service) proposées par les plates-formes cloud. Particulièrement compact, le CX1000 peut être livré dans une armoire totalisant 38 serveurs (90 000 $). Enfin SGI dévoile l'Origin 400 (voir photo ci-dessous), un serveur lame 6U (jusqu'à 72 coeurs Xeon 5600 avec un maximum de 576 Go de Ram) également conçu pour les environnements virtualisés. Dans un même châssis, l'Origin 400 intègre les lames serveur, la baie de stockage SAN et la connectique réseau.
Des améliorations significatives
Les vitesses d'horloge de ces puces vont de 1,86 GHz pour les processeurs quatre coeurs Xeon L5609, qui consomme seulement 40 watts de puissance, à 3,46 GHz pour les plus rapides Xeon X5677 avec six coeurs, qui demande jusqu'à 130 watts. Toutes les puces de cette série intègrent 12 Mo de mémoire cache. Les Westmere incluent également un certain nombre de fonctionnalités qui améliorèrent la vitesse du système et la sécurité. Ces processeurs sont, par exemple, capables de couper les coeurs inexploités pour économiser l'énergie. Les fonctions de sécurité comprennent des instructions (AES-NI ou Advanced Encryption Standard - New Instruction) qui accélèrent le chiffrement et le déchiffrement de données. L'algorithme AES est couramment utilisé dans les logiciels qui prennent en charge le cryptage des disques durs. Une autre technologie matérielle liée à la sécurité est l'Intel TXT (Trusted Execution Transaction) contribuera à sécuriser les données stockées dans des environnements virtualisés.
Une autre amélioration de ces puces est la capacité d'exécuter deux threads par coeur, précise Mike Feibus, analyste chez TechKnowledge. Un six coeurs sera donc sera en mesure d'exécuter 12 threads simultanément pour un traitement plus rapide des instructions. Ces processeurs pourraient également fixer de nouvelles limites entre les ordinateurs de bureau haut de gamme et les petits serveurs, explique-t-il. « Cela fait partie d'une modification de l'architecture du système qui'Intel tente mettre en place sur les serveurs avec ces nouvelles puces.»
Ces processeurs son facturés de 387 à 1 663 $, selon la vitesse et la puissance électrique. Un certain nombre de fournisseurs, dont Dell, Hewlett-Packard et Fujitsu, ont déjà annoncé leurs serveurs exploitant les Xeon 5600. Dans les prochaines semaines, Intel devrait également lancer sa plate-forme Xeon huit coeurs (Nehalem-EX) pour améliorer encore les performances des serveurs.