Alors qu'Apple fête ses 50 ans, les souvenirs affluent sur toutes les choses formidables que les gens réalisent avec les produits à la pomme à travers le monde. Après des débuts tonitruants et des produits phares dans les années 70 et début 80, les temps n'ont pas toujours été aussi roses pour l'entreprise. En effet, à peine 10 ans après sa création, les fondateurs Steve Jobs et Steve Wozniak avaient quitté la scène alors que la société était en difficulté et frôlait la faillite. Malgré cela, Apple a tout de même lancé des produits remarquables qui ont eu un impact durable sur l'entreprise et le paysage informatique. Découvrez en quelques-uns parmi les plus innovants lancés entre 1986 et 1995.
Janvier 1986 : Macintosh Plus
A coté du très performant SE30, l'entrée de gamme d'Apple a séduit de nombreux étudiants. (Crédit Apple)
Le Macintosh original a révolutionné l'informatique lors de son lancement en 1984, et Apple savait qu'il lui serait difficile de faire mieux. Mais avant l'arrivée d'un véritable successeur, la société a commercialisé le Macintosh Plus au début de l'année 1986. Il n'était pas aussi spectaculaire que le modèle original, et vraiment moins performant que le SE30, mais il a laissé un héritage durable en matière d'innovation. Ce fut le premier Mac à intégrer un large éventail de fonctionnalités qui devinrent par la suite des incontournables des ordinateurs Apple : un port SCSI qui ouvrit la voie aux lecteurs de CD et aux disques durs, un lecteur de disquettes 3,5 pouces double face de 800 Ko et une mémoire SIMM évolutive par l'utilisateur, ainsi qu'un clavier étendu avec pavé numérique et touches de direction.
Ce Mac fut si marquant qu’il resta inchangé jusqu’en octobre 1990, soit un total de 1 734 jours, ce qui en fait l’un des Mac ayant connu la plus longue durée de vie. Grâce à des remises fréquentes, il resta l’un des favoris des utilisateurs de Mac pendant des années.
Mars 1987 : Macintosh II
Plébiscité par les maquettistes dans les studio graphiques, le Mac II a révolutionné la composition des magazines et des plaquettes publicitaires et commerciales. (Crédit Apple)
Alors que le Macintosh Plus était en quelque sorte un produit de transition, le Macintosh II était le véritable héritier du Macintosh de 1984. Il marquait une rupture radicale avec son prédécesseur, tant sur le plan de la forme que des fonctionnalités, et visait à répondre aux principales critiques formulées à l'encontre du modèle de première génération.
Alors que le Macintosh original était un tout-en-un compact, le Macintosh II séparait l'ordinateur et l'écran en éléments modulaires ; une première pour un Mac. Cette conception permettait aux utilisateurs d'utiliser leur propre écran, mais pour les inciter à rester fidèles à Apple, le Macintosh II proposait un écran couleur, ainsi que des emplacements internes pour des disques durs supplémentaires, une fonctionnalité à laquelle Steve Jobs s'était initialement opposé. Mais avec son départ, la firme était libre de prendre de nouveaux risques.
Janvier 1988 : LaserWriter II
Complément indispensable du Mac II, la LaserWriter II a équipé un grande nombre d'entreprises. (Crédit Apple)
Au milieu des années 1980, l'impression de documents à domicile était hors de portée de la plupart des gens. La LaserWriter d'Apple a contribué à lancer la révolution de la publication assistée par ordinateur. Le modèle d'origine a été lancé en 1985 et a connu un succès immédiat et son successeur a suivi en 1988, avec pour objectif de développer le succès de son aîné et de consolider l’avantage d’Apple dans ce domaine. C’est exactement ce qu’elle a fait en proposant davantage de modèles à différents niveaux de prix, contribuant ainsi à étendre la publication assistée par ordinateur à un public plus large.
La LaserWriter IISC, par exemple, a permis de réduire les coûts en supprimant la compatibilité PostScript, ce qui signifiait qu’Apple n’avait plus à payer de droits de licence à Adobe. Le modèle haut de gamme LaserWriter IINTX, quant à lui, intégrait un contrôleur SCSI pour les utilisateurs souhaitant stocker des polices d’imprimante. Ces produits ont permis à Apple de continuer à surfer sur la vague des imprimantes et de se lier étroitement aux créatifs et aux entreprises – une association qui perdure aujourd’hui.
Septembre 1989 : Macintosh Portable
Très lourd, 7,3 kg sur la balance, le Macintosh Portable était proposé à un prix très élevé : plus de 7 000 $HT. (Crédit RR Auctions)
De nos jours, Apple excelle dans l’intégration de performances haut de gamme dans des ordinateurs portables fins et légers, mais cela n’a pas toujours été le cas. Après tout, à la fin des années 1980, la technologie permettant de rendre les ordinateurs de bureau véritablement portables n’existait tout simplement pas, mais cela ne signifiait pas pour autant qu’Apple n’était pas disposée à essayer.
Le résultat fut le Macintosh Portable, qui prit fièrement sa place parmi les tout premiers ordinateurs portables de l’industrie. Son nom était toutefois un peu trompeur, du moins selon les normes actuelles : ce produit transportable plutôt que véritablement portable était un vrai parpaing et pesait près de 7,3 kg, soit près de six fois le poids du dernier MacBook Air M5. Premier Mac alimenté par batterie, Apple affirmait qu’il tiendrait environ 10 heures avant de devoir être rechargé, mais il consommait tellement d’énergie qu’il avait besoin de la capacité de la batterie pour démarrer, même lorsqu’il était branché.
Il s’agissait néanmoins d’une machine indéniablement ambitieuse. Le Macintosh Portable était équipé d’un trackball intégré pour remplacer la souris en déplacement, d’un écran rabattable à matrice active haut de gamme et d’un disque dur à faible consommation d’énergie visant à préserver l’autonomie de la batterie. Pourtant, sa batterie volumineuse, encombrante et lourde – associée à son prix exorbitant dépassant les 7 000 dollars HT - l’a condamné à de faibles ventes et à l’oubli.
Octobre 1991 : la série PowerBook 100

Avec le PowerBook 100, Apple a séduit un grand nombre d'utilisateurs. (Crédit Apple)
L'échec du Macintosh Portable n'a fait que prouver qu'il existait un marché pour les Mac portables. En réalité, l'entreprise ne faisait que commencer, et elle a enchaîné avec la série PowerBook 100 en octobre 1991. Composée de modèles d'entrée de gamme, de milieu de gamme et haut de gamme, la gamme PowerBook 100 a tiré les leçons du Macintosh Portable et a remis la gamme d'ordinateurs portables d'Apple sur la bonne voie.
En effet, la gamme PowerBook était tout ce que le Macintosh Portable n'était pas. Le PowerBook se présentait dans une palette de couleurs gris foncé élégante et pesait environ un tiers du poids du Macintosh Portable. Il soignait également les petits détails : l’une de ses innovations très appréciées était la présence d’un repose-poignet intégré sous le clavier, un élément qui est aujourd’hui standard sur presque tous les ordinateurs portables.
La gamme initiale de PowerBook a connu un succès incroyable pour Apple et aurait conquis environ 40 % du marché des ordinateurs portables dès sa première année. Le PowerBook 100 était innovant et révolutionnaire, et il est toujours salué comme l’un des ordinateurs portables les plus influents de tous les temps.
Mai 1992 : Newton MessagePad 100
Arrivé trop tôt, sans réseau sans fil à l'époque, le Newton a posé les jalons des futurs PDA et smartphones. (Crédit RR Auctions)
Le Newton MessagePad n'a pas la meilleure réputation. Cependant, bien que le premier PDA d'Apple fût loin d'être parfait, il a ouvert la voie à de nombreux produits emblématiques de la firme. Par exemple, il a été considéré comme l’un des produits les plus prometteurs présentés lors du Macworld Expo d’Apple en août 1993 et s’est vendu à 50 000 exemplaires au cours de ses trois premiers mois de commercialisation. Dans le monde en plein essor des PDA, le Newton MessagePad 100 était un produit visionnaire qui a introduit de nombreux outils que nous utilisons aujourd’hui, notamment la reconnaissance de l’écriture manuscrite, la rotation de l’écran et les claviers virtuels adaptatifs.
Pourtant, le système de reconnaissance d'écriture manuscrite initial du Newton a suscité des critiques en raison de ses interprétations imprécises des mots des utilisateurs (bien que des mises à jour ultérieures aient considérablement amélioré ses capacités), tandis que l'utilisation de piles AAA par le MessagePad 100 n'était pas optimale. Il n'en reste pas moins qu'il a eu un impact considérable sur le paysage technologique.
Février 1994 : QuickTake 100
Pour compléter sa chaine graphique, Apple a aussi commercialisé un appareil photo numérique. (Crédit Apple)
Au cours des années 1980 et 1990, Apple était bien plus qu’un simple fabricant de Mac, comme en témoignent la LaserWriter II et le Newton MessagePad 100. Un autre produit qui a permis à la firme de s’intéresser à d’autres domaines que le Mac fut le QuickTake 100, l’un des premiers appareils photo numériques grand public et un pionnier dans ce domaine.
Comme c'est encore le cas aujourd'hui pour les produits de la firme à la pomme, le QuickTake 100 misait sur la facilité d'utilisation comme principal argument de vente, et les premiers critiques ont salué ses avancées dans ce domaine. Selon les normes actuelles, cependant, le QuickTake 100 semble quelque peu rudimentaire. Il pouvait stocker jusqu'à huit photos en résolution 640×480, ne disposait d'aucune commande de mise au point ou de zoom, et n'offrait même pas la possibilité de prévisualiser ou de supprimer des images individuelles après la prise de vue.
Malgré ses débuts prometteurs et un accueil favorable, la gamme QuickTake a été abandonnée - tout comme d’autres gammes de produits telles que les LaserWriter et les Newton - lorsque Steve Jobs est revenu dans l’entreprise en 1997. Cependant, son bref passage a montré ce qu’il était possible de réaliser lorsque Apple s’est aventuré dans le monde des gadgets grand public portables.
Mars 1994 : Power Macintosh 6100

Avec ses performances modestes et ses erreurs système incessantes, le PowerMac 6100 n'a pas laissé un souvenir impérissable. (Crédit Apple)
Depuis sa création, Apple collaborait depuis longtemps avec Motorola, son principal fournisseur de puces pour sa gamme informatique. Mais au début des années 1990, Apple commençait à s’impatienter face à l’incapacité de Motorola à rivaliser avec Intel. Pour remédier à cette situation, le duo Apple-Motorola a fait appel à IBM, et le partenariat AIM qui en a résulté a donné naissance au processeur PowerPC et au premier Mac équipé de ces puces : le Power Macintosh 6100.
Nommé d’après son processeur PowerPC 601 cadencé à 60 MHz, il a considérablement amélioré les performances par rapport au Quadra. Comme l'écrivait Macworld à l'époque : « Non seulement Apple a enfin regagné l'avance en matière de performances qu'elle avait perdue il y a environ huit ans lorsque les PC équipés du processeur Intel 80386 sont apparus, mais elle a pris une longueur d'avance considérable. » Un an après son lancement, la gamme Power Macintosh avait presque entièrement remplacé toutes les autres offres Mac, tandis que le marché des cartes « accélératrices » additionnelles a été totalement transformé avec l'arrivée des extensions PowerPC, pour le PowerMac 7500 notamment pour passer d’une puce 601 à une 604, 604e, G3 ou même G4. En d’autres termes, le 7500 était un produit révolutionnaire et enfin performant.
Le succès du Power Macintosh a conforté Apple dans sa décision de passer aux processeurs PowerPC. Ce n’était que la première d’une série de réorganisations architecturales majeures à venir, mais le Power Macintosh et ses puces PowerPC ont démontré que le changement - et les transitions de puces - ne devaient pas nécessairement être douloureux.







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