Pour quelles raisons votre groupe a-t-il eu besoin d’unifier ses informations internes en choisissant une nouvelle BI ?

On emploie souvent le terme de BI unifiée que je voudrais préciser. Nous avons regroupé dans notre BI trois types d’informations provenant du commerce, de la production et des RH. Nous disposons désormais d’indicateurs pour l’ensemble des directions du groupe ainsi que la plupart des salariés, et les chiffres issus de nos indicateurs internes sont partagés. Pour la partie commerciale, il s’agit par exemple des chiffres d’affaires et des résultats, côté production, des chiffres sur les capacités de production ou le taux de retour vers le SAV.

Mais, je veux insister sur un autre aspect, on s’occupe à la DSI de tous les acteurs commerciaux de nos différentes marques, Mobalpa, So’Cooc, Perene, on leur fournit un ensemble d’indicateurs via DigDash. Ces marques sont à la fois en franchise et en succursales, par exemple Mobalpa est plutôt en franchise, à l’inverse So’Cooc est plutôt en succursales. So’Cooc étant issu de la reprise d’Hygena. Chacune des enseignes a donc une situation particulière qui explique le choix d’une BI apte à remonter et donner des informations correctes, par exemple pour des inventaires, et à les regrouper.

Pourquoi et comment avez-vous effectué le choix de votre solution BI ?

Ils étaient dans la short-list et finalement nous avons opté pour eux. La première raison tient à la facilité de mise en œuvre de leur solution. L’éditeur est français ce qui a également facilité le choix, non pas parce que nous serions chauvins, mais parce que l’on peut accéder facilement à leur service de développement. C’est un bon moyen de comparer et de test et nous avons pu constater que leur écoute est très forte. Le prix s’avérait également compétitif. 

Qu’avez-vous fait tester précisément ?

Nous leur avons demandé un POC pour valider leur capacité à traiter toutes nos données. Le doute était là, nous avons une forte volumétrie, et même s’ils disposent de clients importants comme Volkswagen, nous voulions être sûrs de notre choix sur ce point précis. 

Quel a été le calendrier pour le déroulement du projet ?

Nous avons choisi DigDash il y a trois ans. Chaque vendeur et chaque magasin sont équipés, ce qui représente plus de 4 000 licences. Le gros du projet est donc réalisé, une trentaine d’états donc de pages internet avec des indicateurs, sont disponibles. 

D’une manière générale chez Fournier Habitat, sur quels aspects faites-vous fait porter la priorité dans un cahier des charges ?

Encore une fois, la réponse tourne autour de cette notion : bien clarifier les besoins métier. Ce qui passe par trois phases : bien définir ses objectifs, faire de même avec les besoins métier, être capable de montrer le ROI qui sera obtenu à l’issue du projet. Sur ce dernier point, le chef de projet doit développer des indicateurs, et, en fonction d’eux, le comité de direction va valider ou pas le projet. Un cahier des charges doit donc se montrer le plus précis possible, pour qu’au moment où on lance l’appel d’offres, les répondants puissent clairement se prononcer, savoir ce qu’ils prennent et au contraire ce qu’ils ne peuvent assurer. 

A partir de quels éléments construisez-vous votre cahier des charges ?

Tout dépend de notre connaissance du métier, avec certains on est à l’aise, car ce n’est pas le premier projet que l’on gère avec eux, pour d’autres où on est moins à l’aise on va passer par des personnes tierce et des experts pour étayer le cahier des charges. Donc, tout dépend du contexte. 

Procédez-vous par comparaison avec des technologies internes déjà en place ?

La technologie peut être un prérequis technique, mais elle ne peut à elle seule définir une solution. Le plus important c’est le fonctionnel. Et là on retrouve nos priorités : répondre aux besoins métiers et fonctionnels, sans oublier nos prérequis acquis au fil des années. Ce sont des éléments que l’on va donner aux éditeurs travaillant avec nous. 

Avez-vous, pour élaborer ce cahier des charges, recours à des prestataires de conseil externes ?

Oui, c’est toujours possible, soit quand on maîtrise moins le métier, soit quand l’appel d’offres est conséquent. 

Avez-vous recours à un expert interne du sujet, ou préférez-vous recruter un spécialiste ?

L’expert interne est privilégié pour son savoir-faire et sa connaissance de l’entreprise. 

Comment sélectionnez-vous les éditeurs ? Effectuez-vous des recherches préalables sur le web ?

Oui et même beaucoup. Pour un appel d’offres habituel, on a toujours en tête un ou deux éditeurs. Avec le web, on se fait une première idée, on en écarte certains, on en ajoute d’autres. C’est un exercice qu’on fait souvent. 

Et pour les études ou les analyses IT disponibles sur le web ?

On le fait temps en temps, quand on peut récupérer des livres blancs ou des études, ça permet également de se faire une première idée. 

Quelle pondération donnez-vous, dans votre cahier des charges, entre les technologies et les services d’accompagnement ?

On regarde évidemment le logiciel et aussi l’intégration et tous les paramètres liés à cette intégration. C’est un tout. Et pour nous, le choix de l’intégrateur est important. Le partenaire est un élément, déterminant dans le choix de la solution. On s’implique beaucoup dans le choix de l’intégrateur qui contribue à la réussite du projet. Avoir un bon feeling avec lui est presque prioritaire. C’est d’autant plus le cas pour les gros appels d’offres, pour nous le choix du PLM, où celui de l’intégrateur a beaucoup pesé. 

Effectuez-vous fréquemment une release d’un cahier des charges en cours d’opération ? Si oui, sur quels aspects ?

Chez nous, la version 1 du cahier des charges sert à l’appel d’offres, on ne revient pas dessus. Ensuite on procède à la mise ne place, on peut alors adapter certains points. Il peut toujours y avoir une méconnaissance ou une incompréhension sur des aspects. Mais notre idée est claire, l’objectif principal est bien défini au début, on ne veut pas revenir dessus. 

Quels points du cahier des charges donnent lieu à débat lors des échanges avec les fournisseurs ?

Le débat porte sur la compréhension de l’appel d’offres par les différents concurrents, en particulier les challengers par rapport aux éditeurs principaux. Ont-ils bien compris notre besoin et notre mode de fonctionnement ? C’est un sujet de discussion. 

Effectuez-vous un pilote ou un prototype avant le choix définitif de la solution ?

Avant la mise en place, on fait souvent des pilotes. Mais je n’ai pas souvenir d’un pilote qui nous ait fait changer d’avis sur le choix d’un éditeur ou celui de la solution. Parfois, par exemple sur notre important projet PLM, on demande des « petits POC » pour vérifier que les spécificités et notre métier ont bien été compris et pris en compte. 

Si vous aviez à refaire un cahier des charges sur un projet identique, que changeriez-vous ?

Changer ? Non, très honnêtement ça ne nous vient pas à l’esprit, il n’y a pas de point particulier à changer dans la démarche cahier des charges. 

Que changeriez-vous dans la démarche cahier des charges et que pensez-vous de l’intérêt de cette démarche ?

Avant celle de cahier des charges, j’utilisais la formule d’expression des besoins. Fondamentalement c’est là tout l’intérêt d’un cahier des charges. Il parle d’abord de fonctionnalités, sans que cette phase ne soit trop longue ou trop détaillée. Mais, à partir du moment où on référence une solution et un éditeur, on a besoin de passer par le cahier des charges et l’appel d‘offres. Si on passe par un développement agile, on va moins loin. »