En direct de San Francisco. Avec ses 2 500 sessions, OpenWorld 2018 a proposé pendant 3 jours et demi à ses 60 000 visiteurs une immersion technologique approfondie dans les logiciels, systèmes intégrés et solutions cloud d’Oracle. Au 1er plan des thèmes abordés cette année, la migration vers le cloud et la base de données auto-administrable, Autonomous Database, se sont vus consacrer plusieurs centaines de sessions. Blockchain, robotisation, IoT et machine learning se sont également imposés en tête de l’agenda. Il fut évidemment beaucoup question d’apprentissage machine cette semaine, largement utilisé dans les fonctions d’automatisation de la base de données et les couches de sécurité du cloud, mais aussi injecté dans les applications cloud Fusion : ERP, gestion des RH, CRM, Supply chain. Cet apprentissage s’appuie sur les modèles qui ont été identifiés sur les données déjà traitées par les applications pour réaliser des prédictions ou repérer des anomalies.

Il en résulte d’importants gains en productivité, a souligné Larry Ellison, CTO d’Oracle, lors de son 2ème keynote, au 3ème jour d’OpenWorld 2018. Le machine learning se décline très concrètement dans les processus métiers des entreprises. L’automatisation peut s’appliquer quotidiennement à la clôture consolidée entre des filiales, à la comparaison entre budgets et réalisé, à l’optimisation des paiements aux fournisseurs ou de la trésorerie, à la détection d’irrégularités dans les factures ou les dépenses, ou encore, dans les RH, pour identifier les meilleurs candidats. Cela vaut aussi pour la reconnaissance optique de caractères dont l’efficacité atteint maintenant 100%. Larry Ellison a illustré son propos d’une rapide démonstration de gestion de frais professionnels, associant app mobile, OCR et machine learning. Une facture de restaurant un peu lourde, photographiée et insérée dans un workflow d’approbation, s’est vue automatiquement et promptement refusée pour son montant trop élevé. Une autre démonstration a consisté à récupérer des chiffres-clés de l'activité de l'entreprise à travers le nouvel assistant numérique d'Oracle, Digital Assistant, activé via un échange vocal sur le service Alexa, d’AWS.

Un datawarehouse bâti sur les applications cloud

Au cours de son keynote, Larry Ellison a également annoncé une solution de datawarehouse pour Fusion. Le CTO a d’abord insisté sur l’importance de la plateforme cloud sous-jacente à Fusion Applications. Celle-ci permet d’une part la mise en place automatisée des correctifs de sécurité. Dans les entreprises, ces patches sont rarement installés dès leur livraison, voire jamais, faute de temps, nous a expliqué un partenaire d'Oracle en marge d'OpenWorld, ce qui met les organisations en position de vulnérabilité sur leurs applications. La plateforme cloud d'Oracle permet d'autre part aux entreprises de développer des applications complémentaires aux leurs avec les mêmes outils que le fournisseur, en particulier Visual Builder.

Le datawarehouse Fusion Analytics se construit à partir des données gérées dans les applications Fusion. (Crédit photo : LMI/MG)

La solution Fusion Analytics Data Warehouse s’appuie l’Autonomous Datawarehouse sorti cet hiver. Optimisé pour l’ensemble des applications Fusion, « le système prépare les tables et les vues automatiquement », a expliqué Larry Ellison avant de l’illustrer d’une démonstration. « Pas de schéma ni de définition, pas d’ETL pour charger les données, tout se fait automatiquement », a-t-il montré en générant le datawarehouse en quelques minutes. Le logiciel crée les index et effectue lui-même les ajustements nécessaires à son bon fonctionnement. Pour les analyses, la solution identifie les corrélations entre les données et propose ses propres suggestions. Les entreprises peuvent également lui intégrer les donnés d'autres solutions SaaS et on-premises. 

 A partir des corrélations existant entre les données, les outils analytiques cloud proposent d'emblée des analyses aux utilisateurs. 

Des outils pour migrer les logiciels dans le cloud

Pour aider la migration vers le cloud de ses clients E-Business Suite, PeopleSoft et Hyperion vers le cloud, Oracle fournit une série d’outils. Certains permettent de rechercher les éventuelles personnalisations qui ont été apportées aux logiciels ou d’extraire les paramètres de configuration. D’autres configurent automatiquement Fusion ERP et extraient les données d’EBS, PeopleSoft, etc. pour les charger dans Fusion. La prise en charge ne se limite pas aux logiciels d’Oracle. Avec Integration Accelerator, l’éditeur propose une bibliothèque d’intégrations pour assurer les connexions avec les applications externes, dont SAP et Salesforce. Un outil permet aussi de réduire les customisations. Fusion ERP disposant de davantage de fonctions que l’E-Business Suite, la plupart des anciennes personnalisations sont remplacée par des fonctionnalités standard, a fait valoir le CTO. Larry Ellison a indiqué que l’opérateur français Orange s’était ainsi débarrassé de quelque 500 personnalisations, qu’il s’était intégré facilement avec son existant et qu’il avait réduit de 33% ses dépenses IT. Le fabricant de disques durs Western Digital en a lui aussi profité pour simplifier ses processus et réduire de 75% ses centres de coût de 75%, affirmé le fondateur d’Oracle. Autre français à être passé dans le cloud, le groupe Schneider Electric est venu cet automne témoigner à Paris.

De gauche à droite, Hamont Bharadia, directeur assistant, Financial planning & management, pour l'arrondissement de Lambeth, à Londres, et Karine Picard, vice-présidente Applications pour Oracle EMEA. (Crédit photo : Oracle)

Lors d’une table ronde sur OpenWorld, Hamont Bharadia, directeur assistant, Financial planning & management, pour l'arrondissement de Lambeth, à Londres, a expliqué le choix du cloud d’Oracle pour la planification et la budgétisation. La décision a été prise lors du renouvellement d’une solution de gestion on-premise partagée avec d’autres arrondissements. « Nous voulions réduire le temps passé sur les processus administratifs afin de dégager du temps pour les administrés », a-t-il expliqué. « Nous avons aussi décidé de standardiser ces processus sur ce que le logiciel proposait pour réduire les coûts futurs ». Sur la même table ronde, Karine Picard, vice-présidente Applications pour Oracle EMEA, a confirmé que davantage d’entreprises s’intéressaient en ce moment aux applications cloud d’Oracle lors du renouvellement d’une solution ERP existante, le projet fournissant l’occasion d’une remise à plat. C’est le cas notamment de clients SAP qui se retrouvent face à une alternative : d’un côté, le passage à HANA, avec une nouvelle architecture et un changement de prix, de l’autre côté l’adoption du cloud. 

Oracle lui-même a expliqué sur Open World qu'il avait fait migrer dans son cloud les applications qu'il utilise pour gérer l'ensemble de ses activités : customer experience, HR, financial, manufacturing. Un projet que le  fournisseur a mené de bout en bout en trois ans, nous a indiqué lors d’un point presse sur OpenWorld Steve Miranda, vice-président exécutif, responsable du développement des applications.