Après un focus sur l’infrastructure et la présentation des TPU 8t et 8i, Google Cloud a mis aussi l’accent sur la plateforme Gemini Enterprise lors de la conférence .Next qui se déroule à Las Vegas du 22 au 24 avril. Pour rappel, ce service a été lancée en octobre 2025 en comprenant plusieurs éléments comme des LLM, une application, une plateforme pour les agents IA, ainsi qu'une couche de sécurité et de gouvernance. A l’occasion de l’évènement, le fournisseur présente à la fois des fonctions de collaboration et renforce la sécurité de sa plateforme.

Plus de collaboration dans l’application Gemini Enterprise

Sur le volet collaboratif, l’application Gemini Enterprise intègre le service Projects, un espace de travail partagé pour les équipes et les agents. Il centralise le contexte et l'historique d'un sujet donné depuis des sources spécifiques (Workspace, Microsoft 365,…). Autre outil Canvas qui permet aux utilisateurs de créer et de coéditer des documents directement dans Gemini Enterprise, aussi bien des fichiers Google Docs et Slides que des fichiers Microsoft 365. Sur la partie conception, Agent Designer est capable de créer des agents « basés sur un calendrier ou des connecteurs à des applications tierces » à l'aide de commandes en langage naturel ou via une interface visuelle. La fonctionnalité offre aux utilisateurs une interface de type « organigramme virtuel » pour examiner et tester chaque étape du flux de travail d'un agent. Il est également possible d’insérer des points de contrôle avec intervention humaine pour approuver des actions lorsque cela est nécessaire. L’ensemble des fonctionnalités seront disponibles dans les prochaine semaines.

Inbox propose de surveiller les actions des agents IA à travers des notifications.

« Par ailleurs, de nouveaux agents dits « à exécution longue » sont capables de gérer des processus métier plus complexes », comme l’a déclaré Google. Ces agents fonctionnent de manière autonome dans des sandboxes cloud et peuvent exécuter des workflows en plusieurs étapes, tels que des rapprochements financiers pouvant prendre plusieurs jours. De son côté, Agent Gallery donne accès à des agents tiers provenant notamment d’Adobe, de Lovable et de ServiceNow. Pour faciliter la gestion des différents agents travaillant au sein de Gemini Enterprise, Google a lancé Inbox, un « centre de commande pour surveiller, guider et gérer en toute sécurité l’ensemble de l’activité des agents », a indiqué la société dans un blog.  L’outil de monitoring peut pousser des notifications sur les actions des agents comme « Intervention de l’utilisateur attendue », « Erreurs » et « Terminé ». Selon Mike Leone, vice-président et analyste principal chez Moor Insights & Strategy, si les fonctionnalités Project et Canvas constituent aujourd’hui un « minimum requis » pour les agents IA, le service Inbox représente un ajout intéressant. « Informer les humains lorsque des agents asynchrones exécutent des flux de travail s’étalant sur plusieurs jours en arrière-plan est un véritable casse-tête, et traiter les résultats des agents comme une file d’attente de notifications prioritaires est une approche solide pour y remédier », explique-t-il.

Sur le plan tarifaire, l’application Gemini Enterprise coûte 30 $ HT par utilisateur et par mois pour les grandes entreprises (avec 75 Go de stockage) et 21 $ HT pour les petites entreprises. L’offre s’appuie sur les LLM de Google à savoir Gemini 3.1 Pro, 3.1 Flash Image et Lyria 3 ainsi que des modèles tiers comme Opus 4.7 d’Anthropic.

Un renforcement de la sécurité sur Agent Platform

Dans le cadre d’Agent Platform, Google a présenté, lors de la conférence Cloud Next, des outils destinés à aider les équipes IT à gérer les agents créés et déployés dans Gemini Enterprise. C’est le cas par exemple de l’outil Agent Identity qui attribue un identifiant cryptographique unique à chaque agent opérant dans Gemini Enterprise. « Cet identifiant crée une piste d'audit claire pour chaque action effectuée par un agent, en lien direct avec des politiques d'autorisation définies », a expliqué Michael Gerstenhaber vice-président de la gestion des produits, Cloud AI chez Google Cloud. Ce système est similaire à la plateforme Agent 365 de Microsoft, où chaque agent se voit attribuer un identifiant Entra ID (ex Active Directory) unique afin de suivre son utilisation et d'appliquer les politiques de gestion des risques. Par ailleurs, Agent Registry fait office de « bibliothèque centrale », répertoriant tous les agents et compétences internes afin d’aider les services IT à s’assurer que seuls les actifs approuvés sont accessibles. De son côté, Agent Gateway en mode preview agit comme une tour de contrôle des interactions entre les agents et les données.

Thomas Kurian, CEO de Google Cloud a présenté l'outil Agent Gateway chargé de contrôler les interactions entre les agents et les données.

Mike Leone pense que tous ces outils devraient intéresser les services IT à mesure que les entreprises commenceront à généraliser l’utilisation des agents. « Google souhaite que chaque action d’un agent laisse la même trace d’audit qu’une transaction de paie. C’est un défi de taille », a-t-il ajouté. « Les agents vont effectuer des actions concrètes au nom des employés à grande échelle, et aucune entreprise ne les déploiera sans savoir exactement qui a fait quoi, quand et pourquoi », a-t-il avancé. Selon lui, Agent Platform « évolue dans le même environnement concurrentiel » que les produits d’agents d’entreprise proposés par des acteurs comme Microsoft, OpenAI et AWS qui fournissent également des outils pour créer, gouverner et orchestrer des agents à grande échelle. Pour l’analyste, Google peut se différencier avec « une maîtrise de bout en bout que peu d’autres fournisseurs peuvent revendiquer aussi clairement, couvrant à la fois l’infrastructure, les modèles, les données, la sécurité et les applications destinées aux utilisateurs finaux ». Mais il indique que sa principale préoccupation « est qu’un acheteur IT type a encore du mal à déterminer ce qu’il doit acheter chez Google et ce que chaque produit comprend réellement, car le portefeuille et les services se sont développés et ont évolué rapidement ».