ChatGPT, Perplexity, Mistral, Gemini ou Claude se sont beaucoup développés ces dernières années. Une croissance qui n’échappe pas à l’analyse de l’Autorité de la concurrence. En effet, le régulateur a annoncé s’être autosaisi pour analyser le fonctionnement concurrentiel du secteur des agents conversationnels. Selon lui, « même si l’aval de la chaîne de valeur se présente aujourd’hui comme étant apparemment dynamique avec la présence de plusieurs acteurs, les derniers développements montrent que les agents conversationnels pourraient avoir un impact sur le fonctionnement concurrentiel de plusieurs secteurs clés de l’économie ».
En l’espèce, l’autorité veut obtenir des éclairages sur plusieurs pratiques des fournisseurs IA. Ainsi, elle veut des précisions sur l’intégration des publicités au sein des assistants IA en particulier sur les modalités d’affichage et leur rôle dans le modèle économiques des éditeurs. De même, l’intégration des assistants à des services existants par des opérateurs dominants peut engendrer des effets de levier ou d’autoréférence. Les partenariats noués par les éditeurs seront également scrutés tout comme la transformation des assistants IA en plateforme pour accéder à des services tiers.
IA et e-commerce dans le viseur
L’Autorité de la concurrence souhaite par ailleurs se focaliser sur ce qu’elle nomme « le commerce agentique ». Il s’agit selon le régulateur « d’agents accompagnant les utilisateurs dans leur parcours d’achat » sur les sites d’e-commerce. Il ajoute, « l’agent peut explorer les différentes boutiques en ligne à la place de l’utilisateur, lui faire des recommandations, lui proposer des liens externes vers les sites de commerce en ligne et lui permettre de payer ses achats, éventuellement sans jamais devoir quitter l’environnement de l’agent conversationnel ».
Cette approche bouleverse l’écosystème du commerce en ligne, reconnait l’Autorité en pointant du doigt aussi bien la chaîne d’approvisionnement, que les éditeurs de solution de paiement. Ceux-ci « devront être en mesure d’interagir avec les agents des utilisateurs afin de leur fournir un service complet et efficace ». Les sages de la rue de l’Echelle vont donc lancer une consultation publique pour connaître le panaroma du secteur des assistants IA, les acteurs, les interactions et les problématiques concurrentielles. Ils rendront ensuite leur avis dans le courant 2026.

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