La data est au coeur de la transformation des entreprises. Selon une étude commandée par la société multi-services techniques Equans, 90 % des sociétés déclarent disposer de mesures d'exploitation de la donnée pour en obtenir de la valeur, cependant, seulement une faible partie exploite plus de 50% de la data.

L'étude montre cependant une fracture géographique nette. Du côté anglo-saxon, une majorité des organisations déclarent exploiter plus de 50% de leurs data, avec 55 % des répondants canadiens, 54 % des Britanniques et 52 % aux États-Unis. En revanche, en France, à peine 41% déclarent faire de même. Selon l'analyse d'Equans, les pays européens se concentreraient davantage sur des projets opérationnels quand leurs voisins anglo-saxons s'appliqueraient à réaliser des projets stratégiques.

Un écart marqué entre l'Europe et les pays anglo-saxons

On note également une distinction entre les organisations aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Canada par rapport aux répondants européens en ce qui concerne les indicateurs de performance liés à la stratégie data. En effet, plus de 70% des participants anglo-saxons se basent sur ces KPI, contrairement aux pays européens qui sont en dessous de la barre des 50%. Quant à l'évaluation du ROI, elle demeure complexe, seuls 28% des participants ayant réussi à le quantifier. En Europe, seuls 11% des participants aux Pays-Bas le mesurent, contre 45% aux États-Unis.

Pour l'ensemble des pays interrogés, la restitution et la transformation représentent les étapes les moins avancées en matière d'exploitation des données avec seulement 43% et 46% des personnes interrogées indiquant avoir un niveau avancé en la matière. Au contraire, le domaine où la maîtrise est la plus forte est la sécurité des données, avec 54% des personnes interrogées.

Les difficultés d'exploitation de la data

De plus, selon l'étude, les nations anglo-saxonnes ont la propension à percevoir les données comme un outil d'amélioration de la performance. 95% des décideurs interrogés au Royaume-Uni partagent cette conviction, tout comme 94% au Canada et 92% aux États-Unis, contre 87% en France et 79% aux Pays-Bas, bons derniers. Par ailleurs, le mode d'utilisation des données est encore souvent rudimentaire, 40% des participants préfèrent l'usage de fichiers Excel, mais les répondants d'origine anglo-saxonne font aussi appel à des outils de business intelligence.

Les répondants rencontrent également de nombreux obstacles dans leur démarche. En France, en Belgique et au Royaume-Uni, le principal frein provenant des coûts élevés associés à l'exploitation des données. Pour les participants aux États-Unis et au Canada, le défi réside davantage dans la garantie de la qualité des données, avec respectivement 42% et 40% des répondants. Aux États-Unis, par ailleurs, 59% des organisations consultées disposent déjà d'une plateforme data unifiée pour optimiser l'utilisation des données et améliorer l'efficacité opérationnelle. En comparaison, elles ne sont que 38% en France et 29% aux Pays-Bas.

L'IA, moteur de l'exploitation de la donnée

L'intelligence artificielle joue un rôle déterminant dans l'avancement des stratégies d'exploitation des données. C'est aux États-Unis que l'exploitation des données par l'intelligence artificielle est la plus avancée, avec 54% des participants déclarant que leur structure utilise déjà l'IA dans ce cadre, contre seulement 28% en France. Aux États-Unis, plus de la moitié des répondants privilégient des solutions d'IA nationales. C'est le cas également aux Pays-Bas alors que les autres pays européens ont tendance à se tourner vers des solutions étrangères.

Le domaine de l'IA depuis l'apparition de ChatGPT a fortement accéléré la transformation des organisations selon 87% des répondants américains et britanniques. Le reste des pays consulté demeurent plus prudents sur le sujet.