Dévoilée en mars, la suite Euro-Office va offrir aux entreprises européennes de plus en plus réticentes à dépendre de fournisseurs basés aux États-Unis une alternative moderne et open source aux logiciels de Microsoft et de Google. L’offre se compose de quatre applications basées sur un navigateur, à savoir un éditeur de documents, un tableur, un outil de présentation et un éditeur de PDF. Chaque application permet l'édition collaborative de documents. La suite prend en charge les formats de fichiers Microsoft Office Docx, pptx et xlsx, ainsi que les fichiers au format Open Document Format (ODF) tels que ods, odt et odp.
Selon Nextcloud, l’une des nombreuses organisations européennes impliquées dans le projet Euro-Office, ce logiciel est destiné à être intégré à des solutions de collaboration telles que les plateformes de partage de fichiers, les wikis en ligne ou les outils de gestion de projet. « Nextcloud ajoutera Euro-Office à sa suite Office le mois prochain, où il sera disponible comme « option équivalente » aux côtés d’une suite bureautique open source existante basée sur le logiciel de Collabora », a indiqué Frank Karlitschek, le CEO de Nextcloud, lors d’une conférence de presse. Le prix dépendra de différents facteurs, notamment de l’usage et de l’échelle de déploiement, mais il se situera dans une fourchette similaire à celle de la version Collabora (soit une dizaine d’euros HT). Nextcloud prévoit d’ajouter des applications pour ordinateur et pour mobile « plus tard cet été », a précisé le dirigeant. « Celles-ci permettront d’enregistrer les documents localement et de les synchroniser avec les outils de stockage dans le cloud choisis par les clients. » Les autres participants au projet vont pouvoir intégrer Euro-Office dans leurs offres. Ainsi, le fournisseur allemand d’hébergement cloud Ionos le fera dès le lancement pour les clients de Managed Nextcloud et à la fin de l’été pour ceux de Workspace Nextcloud. L’éditeur français Xwiki prévoit de l’ajouter à son offre d’ici à la fin de l’année tout comme le néerlandais Office.eu.
Une violation de la licence OnlyOffice pas résolue
Euro-Office s’appuie sur le code open source d’OnlyOffice et est distribué sous licence GNU Affero General Public License v3 (AGPL v3). Juste après la présentation en mars dernier du projet, OnlyOffice qui appartient à Ascensio System SIA a affirmé qu’Euro-Office violait ses conditions de licence et enfreignait ses droits d’auteur. Selon Frank Karlitschek le conflit est « désormais résolu » après un accord prévoyant la mention d’OnlyOffice dans le projet. « L’équipe exigeait uniquement que l’on précise que le code était en partie basé sur OnlyOffice et nous sommes heureux de le faire », précise le dirigeant. Un accord qui n’existe pas selon Galina Goduhina, directrice commerciale chez OnlyOffice. « Le cadre de la licence est clairement défini et le respect de ses conditions n’est pas facultatif. » Elle indique par ailleurs que l’éditeur continuera à évaluer la situation en fonction de l’utilisation effective de sa technologie. « Cette situation va au-delà de la simple attribution : elle concerne la transparence quant à l’origine de la technologie, le respect du développeur d’origine et ne répond pas aux normes de partenariat responsable que nous attendons », a souligné Mme Goduhina. Pour elle, la société « reste déterminé à soutenir ses utilisateurs, ses clients et ses partenaires, et à continuer de développer des solutions documentaires fiables et de niveau professionnel. »
OnlyOffice a a récemment publié un article de blog décrivant plus en détail sa politique en matière de licences et de marques déposées. Des précisions saluées par un porte-parole de Nextcloud « nous saluons la suppression des exigences contradictoires concernant la marque déposée, ce qui va dans le sens de notre opinion et de celle des experts en licences de la communauté open source ». Il ajoute, « nous adopterons leurs modifications au fur et à mesure qu’elles seront apportées au code, en veillant bien sûr à ce que la conformité de la licence soit préservée. Avec ces changements, nous considérons que la question est résolue. »

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