OVHcloud annonce une hausse des tarifs de ses offres de cloud, dont les instances VPS (Virtual Private Server) qui constituent l’entrée de gamme pour de nombreux développeurs, TPE et hébergeurs revendeurs. Dans un récent message sur Twitter (un texte loin d'être clair pour une entreprise cotée), Octave Klaba, directeur général d’OVHcloud, explique que le coût de fabrication d’un serveur grimpera de 15 à 35% entre fin 2025 et fin 2026 sous l’effet de la hausse spectaculaire des prix de la RAM et des SSD NVMe, dopée par la demande en infrastructures IA. Pour contenir le choc, OVHcloud annonce une augmentation moyenne d’environ 9 à 11% sur les prochaines générations d’instances déployées entre 2026 et 2028, et une hausse discutable, de 2 à 6%, sur les services déjà en production, y compris les VPS existants, en fonction de l’âge du matériel sous-jacent. L’hébergeur prévoit aussi d’ajuster le prix des  adresses IPv4, autre ressource devenue rare, tout en promettant un possible retour à la normale à l’horizon 2029. A noter que le dirigeant prévoit ces hausses à partir soit du 1er avril ou 1er mai 2026. 

Au-delà du cas OVHcloud, cette hausse illustre la fragilité structurelle des hébergeurs européens, totalement dépendants des chaînes d’approvisionnement américaines et asiatiques pour leurs composants clés : RAM, SSD et des composants du type CPU, GPU et autres accélérateurs dédiés à l’IA, commutateurs réseau ou équipements de sécurité. Faute d’écosystème industriel local capable de produire ces briques stratégiques à grande échelle, chaque tension sur les marchés mondiaux se traduit mécaniquement, et parfois brutalement, sur la facture cloud des clients européens.