Après les remous du plan de départs volontaires brusquement annulé, la colère se répand chez IBM France. Pour protester contre la politique RH du groupe, un appel à la grève à été lancé hier, jeudi 18 juin, au niveau national à l’initiative de la CGT. Signe de la dégradation du climat social au sein de l’entreprise, plus de 1 000 salariés grévistes se sont mobilisés, nous indique l’organisation syndicale. « 40% des effectifs d’IBM France, soit entre 1 200 et 1 300 personnes environ au participé au blocage. Certains salariés ont débrayé ce jeudi midi dans le hall du siège climatisé d’IBM, à Bois-Colombes (Hauts-de-Seine) en raison de la canicule. La plupart des collaborateurs étant en télétravail, la grève a été majoritairement suivie à distance par visioconférence », nous confie José Sainz, délégué syndical central CGT chez IBM France. En régions, le mouvement a également été suivi, surtout dans le Sud. « A Biot et à Nice, une cinquantaine de collaborateurs grévistes ont été comptabilisés respectivement. Les sites d’IBM à Montpellier, Marseille, Lyon, Bordeaux, Toulouse et Nantes se sont également joints au mouvement », ajoute le représentant du personnel
Les raisons de la grogne ? La CGT pointe les dérives dune politique de haute performance importée des États-Unis et imposée par la direction. « Nous demandons la suspension immédiate des PIP, (performance improvement plan ») et des programmes d’amélioration de performances déguisés », revendique José Sainz. Pour lui, ces dispositifs servent de prétexte à la direction d’IBM France. « Elle les assimile à du coaching pour en fait justifier artificiellement de supposées sous-performances. « Les salariés viés sont ceux piégés par des objectifs irréalisables ou en intercontrat. Cette mise en échec permanente et les surcharges de travail liées brisent la santé mentale des collaborateurs au quotidien. Le nombre des burn-out et des arrêts maladies est d’ailleurs en forte progression, surtout à Paris », nous précise le représentant de la CGT.
Le ranking par quotas interdit depuis 2013
L’autre sujet fâche concerne l'application d'une grille imposée de quotas d'évaluation qui se base sur des pourcentages de répartition : 15 % insuffisants ; 70% moyens et bons ; 15 % très bons. « Ces quotas sont pourtant interdits dans le droit du travail français, pourtant ils continuent à être appliqués », dénonce José Sainz. Le couperet définitif est tombé en 2013, avec un arrêt de la Cour de cassation concernant HPE France que son comité d'entreprise et les syndicats avait attaqué pour ranking par quotas. La politique salariale d’IBM France constitue également un point de discorde. Selon la CGT, les augmentations au plus bas correspondent à 0,4 % de la masse salariale. Et ce, malgré des résultats excellents d’IBM au niveau mondial pour le premier trimestre de son exercice 2026, tant en termes de chiffre d’affaires que de bénéfices, comme pour l'ensemble de son exercice 2025. Sur le trimestre écoulé, les revenus sont ressortis en hausse de 9 % pour atteindre 15,92 Md$, dépassant les 15,62 milliards visés par Wall Street. Le bénéfice net s’est établi à 1,22 Md$, contre 1,06 milliard un an plus tôt.
Contactée, la direction d’IBM France nous a répondu qu’elle n’avait rien à commenter étant très occupée par le salon VivaTech.

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