Microsoft accélère discrètement la montée en puissance de ses propres modèles IA. Selon Bloomberg, l'éditeur de Redmond remplace progressivement les modèles d'OpenAI et d'Anthropic par sa famille MAI (Microsoft AI) dans certains services, notamment Excel et Outlook. Des dizaines de milliers de requêtes hebdomadaires auparavant traitées par des modèles tiers seraient désormais prises en charge par les technologies développées en interne. Cette évolution marque une étape dans la stratégie IA du groupe. Longtemps considéré comme le principal soutien et bailleur d'OpenAI, Microsoft semble aujourd'hui vouloir capitaliser sur l'expertise acquise au cours des dernières années afin de réduire progressivement sa dépendance technologique et financière à ses partenaires.
Le virage est d'autant plus notable que Microsoft a largement contribué à l'essor d'OpenAI. Depuis 2019, le groupe a investi plus de 13 Md$ dans la société dirigée par Sam Altman, dont un apport majeur de 10 Md$ annoncé début 2023. En échange, Microsoft a obtenu un accès privilégié aux modèles les plus avancés du marché et a pu les intégrer à Azure, Bing puis à sa gamme Copilot. Au-delà des investissements financiers, la firme de Redmond a également mobilisé des ressources considérables pour héberger et exploiter les modèles d'OpenAI sur Azure. Lors d'un témoignage devant la justice américaine en mai dernier, un dirigeant de Microsoft a indiqué que le coût cumulé du partenariat, investissements, infrastructures et hébergement compris dépassait désormais les 100 Md$. Cette collaboration a toutefois offert à l'entreprise la possibilité de développer une expertise de premier plan dans l'entraînement, l'optimisation et le déploiement industriel des grands modèles de langage. Après avoir utilisé OpenAI comme accélérateur technologique, l'entreprise estime désormais disposer des compétences nécessaires pour développer ses propres alternatives.
Les modèles MAI montent en puissance
Cette stratégie s'est concrétisée le mois dernier avec la présentation de plusieurs modèles au sein de la famille MAI. Parmi eux figure MAI-Thinking 1, premier modèle de raisonnement de Microsoft, conçu pour offrir un équilibre entre performances et coûts d'inférence. L'entreprise affirme que ce modèle de 35 milliards de paramètres actifs est capable de rivaliser avec certains modèles de référence sur des tâches de développement logiciel tout en réduisant significativement les coûts d'exploitation.
D'autres modèles MAI ciblent la génération d'images, la transcription, la reconnaissance vocale ou encore l'assistance au codage. Selon Bloomberg, Microsoft utilise déjà ces modèles pour traiter une partie des requêtes générées dans Excel et Outlook, là où les modèles d'OpenAI et d'Anthropic étaient auparavant largement sollicités.

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