Le 10 juin 2026, Neura Robotics (entreprise high-tech qui développe notamment des robots humanoïdes) a annoncé le lancement d'une levée de fonds en série C pouvant aller jusqu'à 1,2 Md€, à condition que certains objectifs déterminés par des investisseurs soient atteints.
Pour une relance de l’activité
La levée de fonds témoigne avant tout de l’apparition d’une nouvelle orientation stratégique de l'industrie européenne, s’appuyer sur la robotique pour la relancer. Aujourd’hui évalué à 3 Md$, le marché de la robotique, qui pourrait atteindre 40 Md$ d'ici à 2035, pourrait stimuler la relance du système de production européen. Un secteur qui se trouve essoufflé par une accélération des fermetures de sites. En 2025, la France a ouvert 19 usines de plus qu'elle n'en a fermé d'après le baromètre industriel de l'État qui comptabilise les extensions en plus des ouvertures nets, cela représente une baisse d'un facteur quatre par rapport à 2024.
"Nos industriels font front ! Chaque jour, on se bat c’est difficile, mais le résultat est là : en 2025, la France ouvre plus d’usines qu’elle n’en ferme", a affirmé Sébastien Martin, le ministre délégué chargé de l’Industrie sur X. Toutefois, si on s'en tient uniquement aux ouvertures et fermetures de sites, le solde devient négatif, atteignant -57, dans le baromètre de l'État qui prend en compte les extensions de sites.
La levée de fonds intervient dans un cadre plus vaste de réorientation des investissements technologiques. Après des dépenses dans les GPU et les centres de données, les capitaux se tournent vers des infrastructures capables d’exécuter l’IA en physique, des “Physical AI”. Une transformation qui pourrait configurer une partie de la chaîne de valeur mondiale, et il est impératif que l'Europe se positionne dans cette nouvelle structure.
Investir dans l’écosystème logiciel
La démarche se déroule à peine 18 mois après sa collecte de fonds en série B à hauteur de 120 M€. Parmi les investisseurs, on compte Amazon, Nvidia et Qualcomm, mais aussi Bosch, Schaeffler, Tether et la Banque européenne d'investissement (BEI). Surtout réputée pour son robot humanoïde 4NE1, qui intègre des capteurs tactiles et a la capacité de porter des poids allant jusqu'à 100 kg, Neura Robotics a, cette année, renforcé son réseau de partenaires pour perfectionner sa technologie.
Une part importante des fonds collectés sera allouée au développement de Neuraverse, une plateforme conçue pour coordonner l'intégralité de l'écosystème logiciel de la robotique créé par la start-up. Un partenariat avec AWS confirmant cette stratégie a d’ailleurs été annoncé récemment. AWS devient le principal fournisseur cloud de l’entreprise et l'hébergeur de Neuraverse. Les capitaux permettront d’accélérer le développement de systèmes d’IA physique, ainsi que d'étendre les environnements d'entraînement grandeur nature pour les robots (Neura Gyms). La société déclare avoir déjà un carnet de commandes qui dépasse le Md$.

Commentaire