Comment se porte le marché du numérique Français ? Des éléments de réponse ont été apportés par Numeum dans son dernier observatoire de conjoncture réalisé avec Xerfi. Le syndicat des entreprises des secteurs du logiciel, des services et du conseil en technologies indique s’attendre cette année à une stabilisation du marché après deux ans de fort ralentissement. Pour autant, pas d'effusion : « La croissance repart, estimée à 3% pour 2026 et portée par le retour de l’activité dans les services, mais le rebond reste hors de portée : l’attentisme des donneurs d’ordres, la pression sur les prix et la dégradation des marges continuent de peser sur le secteur », prévient l'association dans un communiqué.
Dans le détail, le syndicat table cette année sur une croissance de 6,2 % du revenu des éditeurs de logiciels (30,9 Md€ de chiffre d’affaires), portée par le SaaS (+8,3 %) et le cloud (+12,2 %). Du côté des sociétés de services, la progression attendue des revenus stagne (+1 %) autour des 34,6 Md€, mais c’est toujours mieux que ceux des entreprises de conseil en technologies (+0,2 %, à 7,7 Md€). Dans son enquête, le syndicat professionnel indique que 39 % des DSI estiment que les incertitudes géopolitiques ont eu des conséquences sur leurs décisions d’investissement numérique avec à la clé aussi bien des reports de projets (57 %) qu’un allongement des délais de décision (39 %). « Les investissements numériques ne disparaissent pas ; ils se concentrent sur un nombre limité de priorités », souligne Numeum. Parmi les projets qui sortent du lot on retiendra deux liés à la cybersécurité (92 %), la conformité réglementaire (84 %) et l’IA (71 %). « Investir dans le numérique, l’IA et la cybersécurité, c’est investir dans la compétitivité et la souveraineté de la France », explique Mehdi Houas, fraichement élu ce 1er juillet à la présidence du syndicat.
Des gains de productivité IA difficiles à convertir en marges
Dans son analyse, Numeum explique que l’IA s’impose désormais comme un moteur central de la transformation du secteur numérique et que ses gains de productivité associés devraient passer de 15 % à 22,3 % chez les ESN entre 2025 et 2027, et de 12,5 % à 24,4 % chez les éditeurs. Tout n’est pas rose pour autant : « ceux-ci restent difficiles à convertir en marge, et 22 % des DSI estiment déjà que l’IA agentique pourrait réduire certaines dépenses logicielles », indique le syndicat.
Pour les prochains mois en vue de la Présidentielle, Numeum appelle par ailleurs à « placer le numérique au cœur du débat public et à préserver les leviers d’investissement et de soutien à l’innovation, condition d’une compétitivité durable de l’économie française et de son autonomie numérique. » Pour porter cette parole, l'association a nommé récemment son nouveau président en la personne de Mehdi Houas.

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