Depuis quelques mois, Numspot étoffe progressivement son catalogue PaaS en annonçant le lancement d’un service managé autour de l’intelligence artificielle. Le projet avait déjà été évoqué en décembre dernier après la réorientation de la société (issue rappelons-le de l’association de Bouygues Telecom, Docaposte, Dassault Systèmes, et avec le soutien de la Banque des territoires) vers une plateforme portable et déployable sur d’autres fournisseurs français et européens. Celle-ci est toujours en attente de qualification SecNumCloud par l’Anssi, nous a indiqué Eric Hadad, président de Numspot. « Nous avons passé l’ensemble des audits et nous attendons maintenant qualification qui sera la première pour une offre IaaS par composition », explique le dirigeant. En effet, elle est adossée à l’infrastructure Outscale déjà certifiée SecNumCloud. Une qualification des offres PaaS est aussi en cours, « nous avons commencé les audits de l’étape J2 pour le service Kubernetes managé, PostgreSQL, observabilité et IA », glisse Eric Hadad.
Sur la partie IA, Numspot a décidé de proposer aux clients « une plateforme complète allant des ressources de calcul (GPU) à l’interface utilisateur en passant par les LLM et des bases de données vectorielles et graphes pour le RAG (retrieval augmented generation), de l’orchestration et de l’IA agentique », indique Alexandre Gendronneau, directeur Data et IA chez Numspot. Dans ce cadre, le fournisseur a noué plusieurs partenariats. « Sur la partie RAG nous travaillons avec la start-up bordelaise Thinkdeep pour affiner et apporter du contexte métier aux modèles », précise-t-il. Sur la partie LLM, la plateforme est agnostique en prenant en charge aussi bien les modèles ouverts que propriétaires, assure le dirigeant. Une couche d’orchestration et de gouvernance accompagne les déploiements avec le contrôle des flux, des logs, de la gestion des accès… Concernant l’infrastructure, « nous démarrons la plateforme IA sur une région Outscale SecNumCloud », note Eric Hadad qui évoque aussi des discussions avec d’autres fournisseurs sans donner plus de détails. En termes de tarification, Numspot applique une licence par siège et une facturation à l’usage des ressources mobilisées (GPU, réseau, stockage).
Un premier déploiement pour la Caisse des dépôts
Côté client, Numspot revendique un premier déploiement en France des services IA à travers l’accord passé avec la Caisse des dépôts (CDC) pour créer et déployer des assistants IA, des agents pour le développement au sein de l’institution financière et de ses filiales comme la Banque des territoires. « Dans ce cadre, elle s’appuie sur notre plateforme IA où nous intégrons les récents modèles de Mistral comme Vibe for work et Vibe for code, ainsi que Mistral Studio », spécifie Alexandre Gendronneau. Les contrats de type CDC devraient se développer, anticipe Eric Hadad, « aujourd’hui, nous sommes encore dans une période de PoC, mais les gros projets vont se concrétiser en 2027 ». Pour lui, ils toucheront aussi bien le secteur public que le domaine privé. « Il y a une prise de conscience des directions générales sur les questions de souveraineté et de dépendance numérique ». Une carte à jouer en France, mais aussi en Europe. Numspot a recruté une personne dédiée à cette tâche.

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