En direct de Vienne. Très engagé dans les programmes IoT - smart cities, industrie ou encore agriculture comme nous l’avons vu hier – Huawei soigne également son image avec des projets dans des zones protégées comme les parcs nationaux. Après le vignoble de Nussbockgut à Leonding, nous avons poursuivi notre tour en Autriche en nous arrêtant au parc de Neusiedler See-Seewinkel (18 000 hectares) pour découvrir le projet d’écoute et d’analyse – avec machine learning – des chants des oiseaux et batraciens. Mis en place avec le concours de Huawei, de l’Université de Vienne et de l’ONG américaine RainForest, ce programme entend identifier et analyser le comportement des oiseaux et des batraciens du parc. Harald Grabenhofer, directeur du département de recherche du parc de Neusiedler See-Seewinkel, et Arno Cimadon, chercheur à l’Université de Vienne, nous ont expliqué les enjeux de ce projet qui a mis en place deux stations d’écoute 4G alimentées par l’énergie solaire (les guardians) et près de 70 boîtiers edge étanches sur batterie (une mini carte mère avec une carte MicrosSD pour stocker les fichiers audio) capables d’enregistrer les sons émis par les oiseaux et les amphibiens du parc naturel. 

Harald Grabenhofer, directeur du département de recherche du parc de Neusiedler See-Seewinkel, nous a présenté le projet mené avec Huawei, l'Université de Vienne et RainForest. (Crédit S.L.)

Les stations guardians travaillent toute l’année 24h/24 afin de déterminer quelles populations occupent une zone de 12 km², baptisée la Reed Belt, particulièrement appréciée par les oiseaux et les batraciens. Comme nous l’a indiqué Arno Cimadon lors de la visite du site protégé, « nous suivons la migration des oiseaux, et il est très intéressant de savoir quelle espèce viendra occuper en premier tel espace de la zone humide. C’est généralement le territoire le plus propice au développement de l’espèce. Les arrivants suivants doivent se contenter de territoires moins riches, puisque les premiers arrivés occupent sans partage leur zone ».  Si les stations guardians et les boîtiers edge enregistrent en continu les chants des oiseaux et des batraciens, les premiers transmettent en temps réel les enregistrements audio grâce au réseau 4G (celui de Deutsch Telekom en Autriche), alors que les cartes MicroSD doivent être collectées par les agents et les chercheurs du parc (plus d’une vingtaine de permanents et autant d’auxiliaires en renfort) puis les fichiers transférés sur des laptops avant d’atterrir sur le cloud de Huawei (celui d’OBS en fait Flexible Engine).

Près d'une station d'écoute guardian (voir illustration principale), Arno Cimadon, chercheur à l’Université de Vienne, nous montre le boitier edge complémentaire. (Crédit S.L.)

Des données collectées dans le cloud et traitées par l'Université de Vienne

L’analyse des fichiers audio est ensuite réalisée par l’Université de Vienne avec le concours de l’ONG RainForest qui a développé un grand nombre de modèles pour alimenter une plateforme IA et identifier très rapidement les chants des oiseaux et amphibiens. 7,6 To de données - 1,5 million de fichiers - ont été remontés par ces capteurs IoT. L’étude couvre aujourd’hui 12 km² et une seconde phase est en cours de déploiement pour l’été 2023 afin de collecter et d’analyser d’autres sons pour alimenter la banque de données. Le parc a été découpé en quatre zones à étudier pour mieux comprendre le comportement et les habitudes des oiseaux et des amphibiens.

« Le projet est de comprendre les changements liés au bouleversement climatique, mais également l’impact des incendies. Certaines zones du parc sont parfois très sèches et des incendies se déclenchent. C’est un phénomène normal dans beaucoup d’écosystèmes pour la régénération des plantes, même si certains incendies sont d’origine humaine », nous a expliqué Harald Grabenhofer. La remontée des chants avec les capteurs IoT a toutefois des limites, nous a indiqué Arno Cimadon. « L’écoute naturelle - avec ses deux oreilles - est plus précise car en stéréo avec la possibilité de localiser la direction et la distance du chant ». Ce qui est impossible avec les enregistrements des capteurs IoT.