Endetté, Oracle serait prêt à engager la plus importante restructuration de son histoire. Selon Bloomberg, le spécialiste du CRM prévoit de supprimer des milliers d'emplois afin de faire face à des difficultés de trésorerie liées à l'expansion massive de ses datacenters dédiés à l'IA. Rappelons que le groupe s'est engagé depuis un an aux côtés d'OpenAI et de Softbank dans un vaste projet dans ce domaine, Stargate qui peine à décoller. Plusieurs divisions de l'entreprise seraient impactées par des départs pouvant être mis en œuvre dès ce mois-ci, selon l’agence de presse qui s’est basée sur des sources proches du dossier. De plus, certaines suppressions viseraient des catégories d'emplois que l'entreprise prévoit de réduire en raison de l'IA. Cette semaine, la firme aurait annoncé en interne qu'elle allait réexaminer de nombreux postes ouverts au sein de sa division cloud, contribuant à ralentir, voire à geler ses recrutements.

L'entreprise comptait environ 162 000 employés dans le monde à la fin du mois de mai 2025. La planification des licenciements est toujours en cours et pourrait évoluer, ont indiqué les sources citées par Bloomberg. Contactée, la direction de la filiale française n’a pas répondu sur les conséquences de ce plan sur les emplois dans l’Hexagone. Pour rappel, sous la direction de son président Larry Ellison, Oracle entreprend un déploiement historique de ses centres de calcul pour alimenter les charges de travail d'IA de clients tels qu'OpenAI Longtemps reconnu pour ses logiciels de bases de données, l’éditeur a opéré ces dernières années une transition pour développer son pôle cloud computing axé sur l'IA, avec l'ambition de devenir un concurrent sérieux pour des leaders du marché, tels qu’Amazon ou Microsoft. En décembre dernier, Bloomberg expliquait déjà selon ses sources que big red avait prévu de décaler à 2027 et 2028 ses datacenters IA sur fond de résultats décevants.

Injecter jusqu'à 50 Md$ dans le cloud

Or, des analystes financiers prévoient que les dépenses de la division cloud pour ses datacenters entraîneront un flux de trésorerie négatif dans les années à venir, avant que ces investissements ne commencent à porter leurs fruits en 2030. La société de logiciels avait présenté en février ses plans pour lever entre 45 et 50 Md$ cette année afin d'étendre son infrastructure cloud, alimentant les inquiétudes des investisseurs concernant l'augmentation de sa dette. Oracle publiera ses résultats du troisième trimestre mardi prochain. Son action a chuté de plus de 15 % l'année dernière, les résultats de décembre faisant état d'une consommation de trésorerie d'environ 10 Md$ pour la première moitié de l'exercice.