« Notre premier souci est l’existence des zones blanches encore aujourd’hui ». Dans sa volonté de couvrir l’ensemble du territoire en haut débit, Cécile Cukierman, porte-parole du PCF depuis 2018 et sénatrice voit dans cette couverture réseau un risque d’augmentation des inégalités. « Un déploiement de la 5G pourrait accroître les inégalités territoriales si nous ne faisons pas attention. Cette technologique sera déployée bien évidemment dans les zones les plus denses et nous pourrions avoir dès demain un véritable retard dans l’accès au débit selon notre lieu de résidence ». Cette candidate à la présidence du conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes présente une liste d’union entre le Parti Communiste (PCF) et La France Insoumise (LFI) sous le nom « Ensemble pour notre région ». Conseillère régionale depuis 2004, Cécile Cukierman travaille depuis 2016 au sein de l'hémicycle détenu par Laurent Wauquiez (LR), actuel candidat sortant.

Selon la sénatrice, cette question de l’accès est « vraiment révélatrice des inégalités sociales et des inégalités territoriales. Même en étant riche dans une zone non couverte, vous n’aurez pas plus d’accès qu’une personne moins aisée ». « Lorsque certaines populations souhaitent se dé-métropoliser, il faut garder à l’esprit qu’elles cherchent un confort et un accès aux infrastructures similaires à ce qu’elles avaient auparavant ». Se réimplanter dans les territoires ruraux, parfois très isolés, serait ainsi la clé pour relocaliser à la fois les emplois et les industries.

Servir l’emploi en priorité

Les petites entreprises, les commerçants et artisans ont besoin de la fibre, d’une téléphonie de qualité mais aussi d’usages adéquats. « Faire un site internet c’est bien, avoir un bon site internet c’est mieux ». Visible, facilement utilisable par le chef d’entreprise comme les salariés, l’objectif est bien sûr « de l’entretenir et le faire vivre au quotidien, ce qui pose la question de la formation ». « Si l’on veut que nos entreprises montent en gamme, il faut aider financièrement avec un accompagnement numérique pour apporter cette visibilité et maintenir de l’emploi » précise Cécile Cukierman. « Former les salariés d’aujourd’hui à des méthodes de travail de demain avec les outils adaptés » est une priorité assure-t-elle. L’objectif est de territorialiser et s’assurer que chacun maîtrise tous les usages.

« La formation est un temps humain. S’il y a des modules à distance, très bien, mais cela doit s’accompagner de formations en groupes, en physique. Si l’on propose des formations à distance dans le Cantal et des formations en physique à Lyon, il y a un problème d’inégalité territoriale » soutient la porte-parole du PCF. « L’accès à la formation doit rester un service offert à tous les habitants de la région ». La région qui possède la compétence de la formation professionnelle se doit d’être attentive, « lorsque l’on parle de former davantage aux métiers du numérique, on ne doit pas oublier tous les métiers existants qui ont besoin de monter en gamme dans l’usage du numérique. Il faut une offre spécifique à destination de ces métiers-là ». « La mono-industrie, ça ne m’intéresse pas. Nous sommes la première région industrielle de France et je pense que nous devons garder cette diversité que nous possédons ». Cécile Cukierman entend par là renforcer les métiers du numérique sur l’ensemble du territoire sans oublier les autres domaines d’activité.

« L’humain avant le digital »

La e-santé n’est pas une réponse aux déserts médicaux maintient la candidate à la région Auvergne-Rhône-Alpes. « Je demeure convaincue que la médecine est un acte humain ; elle permet aussi un lien social que l’on ne retrouve pas avec la télémédecine ». Le risque est, selon elle, de croire qu’une téléconsultation peut remplacer une consultation humaine. « Le conseil régional peut venir appuyer ce déploiement numérique dans certains établissements pour faciliter la téléconsultation si et seulement si c’est en complément de consultations en physique » affirme la candidate.

Il en va de même pour la numérisation de certaines demandes administratives. « Cela devient excluant pour beaucoup de gens les déclarations en ligne ». « Nous avons besoin dans nos communes d’accompagner et faciliter les démarches » ajoute-t-elle. Au quotidien, la dématérialisation grandissante de démarches indispensables et obligatoires, facilite la vie de beaucoup de gens mais la complexifie également pour d’autres, reproche Cécile Cukierman. Elle prône avant tout le lien humain existant dans le service public, qui permet de n’exclure personne. « Il ne faut pas stopper cette transformation, mais ce fossé numérique provient à la fois de l’âge, mais aussi du niveau de formation et de la volonté de chacun de s’y conformer. La clé réside selon elle dans les jeunes générations. « Chaque lycéen doit pouvoir bénéficier d’un équipement informatique personnel, tablette ou ordinateur, sous forme de prêt pour l’année scolaire en cours ». « Si demain nous avons des lycéens pleinement en capacité de maîtriser les outils informatiques, on contribue à réduire la fracture numérique à venir ». « Le vrai défi du 21e siècle est de chercher à faciliter l’accès aux usages du plus grand nombre tout en excluant aucun individu » conclut la candidate.

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