Progressivement, Nvidia renforce son écosystème dans le domaine de l’interconnexion des accélérateurs IA au sein des datacenters. Depuis quelques mois, le spécialiste des GPU multiplie les partenariats autour de sa technologie NVLink (Arm, Samsung ou AWS pour ses puces Trainium). Aujourd’hui, c’est au tour de SiFive, spécialiste de l’architecture Risc-V, de sauter le pas et d’annoncer son ralliement au protocole d'interconnexion haut débit permettant à plusieurs GPU répartis sur différents systèmes de mutualiser leurs ressources et de fonctionner comme un seul accélérateur. Auparavant réservée aux CPU et GPU Nvidia, cette technologie a été ouverte à d'autres fournisseurs en mai dernier avec le lancement de NVLink Fusion au Computex. Pour mémoire, SiFive a été fondé par un groupe de chercheurs de l’Université de Californie à Berkeley qui a travaillé sur l’architecture open source Risc-V. Ce projet a pour ambition de proposer des jeux d’instruction accessibles à la communauté pour concevoir et réaliser des puces dans différents domaines allant de l’Internet des objets aux serveurs, en passant par les puces dédiées au machine learning.
Dans un communiqué, Patrick Little, président et CEO de SiFive a indiqué « en intégrant NVLink Fusion aux sous-systèmes de calcul haute performance de SiFive, nous offrons à nos clients une plateforme CPU ouverte et personnalisable qui s’intègre parfaitement à l'infrastructure IA de Nvidia ». De son côté, David Harold, analyste senior chez Jon Preddie Research souligne à Network World que Risc-V avait mis du temps à percer sur le marché des semi-conducteurs, mais que c’était sur le point de changer avec l’IA. Le partenariat avec Nvidia est « un véritable coup de pouce pour SiFive », reconnait-t-il. Avant de prévoir un bel avenir pour l’architecture Risc-V dans l’IA.
Une menace pour UALink ?
Reste à savoir ce que cette décision impliquera pour UALink, le protocole d’interconnexion rivale et open source de NVLink. Emmené par AMD et comprenant des acteurs comme Broadcom, Cisco, Google, HPE, Intel, Meta, Microsoft et Synopsys, le consortium a lancé en avril dernier sa première spécification de communication entre accélérateurs à faible latence, UALink 200G 1.0. Lors d’une rencontre avec l’équipe dirigeante, l’organisme prévoit la disponibilité des premiers composants compatibles UALink dès 2026, avec une forte implication des fournisseurs de silicium et des hyperscalers dans la phase de validation et de déploiement.
Néanmoins Nvidia regarde avec attention le développement de ce concurrent. En décembre dernier, il a pris une participation de 2 Md$ dans Synopsys, membre d’UALink suscitant quelques inquiétudes sur l’influence du spécialiste des GPU sur les travaux du consortium. Le rapprochement de SiFive et d’autres sociétés avec Nvidia montre aussi le souhait des entreprises et des fournisseurs de disposer de plusieurs choix dans les protocoles d’interconnexion au sein des datacenters IA.

Commentaire