Les projets d'Amazon se précisent en matière d'automatisation à grande échelle de la reconnaissance faciale. Après avoir mis la main en début d'année sur Ring, spécialisé dans les sonnettes connectées, le géant du e-commerce a déposé un brevet pour un appareil d'alarme embarquant sa solution de reconnaissance automatisée de visages à grande échelle Rekognition. Permettant déjà de réaliser des recherches en temps réel sur plusieurs dizaines de visages en simultané et utilisée par des services de police comme le bureau du shérif du comté de Washington, cette solution a trouvé un nouveau débouché qui inquiète l'UCLA, l'union des libertés civiles américaines.

« Bien que les détails soient flous, l'application décrit un système que la police peut utiliser pour associer le visage de personnes marchant devant une porte d'entrée à un appareil ayant une base de données de photos de personnes suspectes. De même, les propriétaires peuvent ajouter dans le système des photos de personnes qu'ils estiment suspectes. Le programme de reconnaissance faciale de la sonnette de porte scannera toute personne passant devant chez eux. Dans les deux cas, s'il y a adéquation, le visage de la personne peut être automatiquement envoyé aux forces de l’ordre et la police peut arriver en quelques minutes », indique l'ACLU.

Amazon Ring

Amazon a déposé un brevet pour une sonnette connectée de dernière génération permettant l'envoi automatique de clichés à la police. (crédit : Amazon)

Voix et fréquence cardiaque bientôt aussi reconnues ?

En dépit des risques en matière de violation des libertés individuelles, Amazon a apparemment choisi d'ignorer les questions des membres du Congrès américain, et demande à ses clients de « prendre leurs responsabilités pour les conséquences de sa technologie sur les communautés où elle est déployée ». Après la reconnaissance faciale, Amazon ne compte pas s'arrêter là et prévoit de prendre en compte d'autres indicateurs biométriques comme la reconnaissance d'iris, la voix, mais aussi la texture de la peau ainsi que la fréquence cardiaque ou encore l'odeur.

« Imaginez si un voisinage intègre ces sonnettes connectées. Si vous vous rendez chez un ami, votre visage, vos empreintes digitales ou votre voix peuvent être considérés comme « suspects » et transmis à une base de données gouvernementale à votre insu et sans votre consentement. Avec Amazon qui vend les appareils, exploite les serveurs et met la technologie au service de l’application de la loi, la société met en place tous les éléments d’un réseau de surveillance allant du gouvernement jusqu’à nos portes », s'alarme l'ACLU.