Plus de 800 acteurs publics et privés se sont retrouvés le 10 septembre à Station F, à Paris, pour la 12e édition des Universités d’Été de la Cybersécurité et du Cloud de Confiance (UECC). Organisé chaque année par Hexatrust, ce rendez-vous réunit l’écosystème de la cybersécurité, du cloud de confiance et du numérique autour des enjeux de souveraineté, de résilience et de maîtrise technologique. Cette édition 2026 a été marquée par la signature d’un Pacte numérique et IA entre l’État et la filière. Signé par Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, et David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, le texte doit notamment rapprocher les besoins de l’administration des capacités des entreprises françaises et européennes.
Pour les acteurs réunis aux UECC, l’enjeu est désormais de passer des ambitions aux réalisations concrètes. La souveraineté numérique ne peut plus se limiter à des déclarations d’intention, elle doit se traduire par des achats, des déploiements et des investissements. C’est précisément l’objectif du Pacte, qui vise à faire émerger des priorités communes, à identifier les technologies jugées stratégiques et à faciliter le passage à l’échelle des solutions développées en France et en Europe. « L’Europe a aujourd’hui tout ce qu’il faut pour conquérir sa souveraineté : des entreprises, des talents, une ambition partagée et maintenant une méthode », a déclaré Anne Le Hénanff. Cette volonté de passer à une logique d’exécution s’accompagne d’une ambition industrielle plus large. David Amiel a ainsi insisté sur la nécessité de bâtir « une véritable base industrielle et technologique du numérique », à l’image de celle qui existe dans le secteur de la défense.
La commande publique au cœur du dispositif
Pour concrétiser cette ambition, la commande publique apparaît comme l’un des principaux leviers. Les discussions ont notamment porté sur la réduction des dépendances technologiques, le soutien aux PME et ETI et une meilleure prise en compte de la sécurité et de la maîtrise technologique dans les achats numériques. L’objectif est de permettre aux entreprises françaises et européennes de franchir le cap de l’expérimentation. Une fois développées et éprouvées, leurs solutions doivent pouvoir être déployées plus largement dans les administrations et les organisations stratégiques.
Cette volonté de passer à l’échelle s’est également retrouvée dans les démonstrations et les ateliers proposés lors de la journée. IA agentique, SOC autonomes, réponse à incident, sécurité des systèmes industriels et gestion de crise figuraient notamment parmi les sujets abordés. L’IA apparaît notamment comme un levier d’automatisation des opérations de cybersécurité, dans un contexte où les entreprises doivent traiter un volume croissant d’alertes tout en faisant face à la pénurie de compétences.
La sécurité des systèmes industriels sous surveillance
Cette question de la résilience dépasse toutefois les seuls environnements IT. Les systèmes industriels et les infrastructures critiques constituent eux aussi un enjeu majeur de souveraineté. Hexatrust a ainsi profité des UECC pour présenter son nouveau livre blanc, Cybersécurité des systèmes industriels : construire une résilience européenne avec des solutions de confiance. Le document revient sur les menaces qui ciblent les environnements industriels et les infrastructures critiques. Il propose également une cartographie de l’écosystème de confiance et rassemble plusieurs retours d’expérience. L’objectif est notamment de fournir aux industriels des repères pour renforcer la sécurité de leurs environnements IT/OT, alors que la convergence entre systèmes informatiques et industriels élargit la surface d’attaque.
Le passage à l’échelle reste à concrétiser
Au-delà de ces différents sujets, les échanges ont fait émerger plusieurs priorités communes pour les prochains mois, accélérer le déploiement des solutions françaises et européennes, renforcer les capacités industrielles, développer les compétences et maintenir un dialogue régulier entre les pouvoirs publics et la filière. Pour Jean-Noël de Galzain, président d’Hexatrust, le principal défi n’est désormais plus de disposer des technologies nécessaires, mais de réussir à les déployer à grande échelle. « Nous avons aujourd’hui les entreprises, les talents et les technologies pour construire un numérique français et européen plus résilient. Le défi est désormais celui du passage à l’échelle », souligne-t-il.

Commentaire