Pour sa 10e édition (à Paris, du 17 au 20 juin 2026), Vivatech a mis à l’honneur Jeff Bezos, fondateur d’Amazon, CEO de la société spatiale Blue Origin ,mais aussi co-CEO de la start-up IA Promotheus. L’occasion pour le co-actionnaire de l’événement et président d’honneur de Publics, Maurice Levy, de dresser un bilan des années écoulées : « Il y a 10 ans certaines personnes pensaient que nous étions un peu trop ambitieux [...] 10 ans plus tard Vivatech est devenu l’endroit où les idées rencontrent la réalité, où l’innovation monte à l’échelle, et où les individus rencontrent le futur. »

Les start-ups innovantes sont présentes en nombre sur Vivatech, et nous sommes allés à la rencontre de certaines d’entre elles. Si parfois elles comptent sur leurs propres ressources pour percer, d'autres bénéficient de soutiens à l’image de Kai, accélérée dans le cadre du programme On de TotalEnergies. Avec à la clef d'avoir pu déployer en production sa solution de KM dopé à l’IA pour plusieurs clients dont l’énergéticien français. La jeune pousse a conçu une solution évitant aux collaborateurs de tomber, dans des espaces et ressources documentaires partagées, sur des informations obsolètes. « Nous travaillons sur les documents de l’entreprise en analysant les différences entre les bases documentaires, remonter des conflits liés à des informations contradictoires et les remonter tout de suite aux experts qui travaillent sur leurs mises à jour », explique Stéphane Ngo, directeur général de Kai. « Notre application est un gros pipeline de machine learning basé sur nos propres algorithmes et sur nos LLM développés sur base Qwen dans le but d’être le plus efficace possible et le moins coûteux en termes de compute. »

Kai

« Notre application est un gros pipeline de machine learning basé sur nos propres algorithmes et sur nos LLM que nous avons développé sur base Qwen », explique Stéphane Ngo, directeur général de Kai. (Crédit DF)

Montée en puissance de l'IA dans l'accélérateur de TotalEnergies

Kai fait partie du programme d’accélérateur à start-ups de TotalEnergies, créé en 2022 proposant des solutions et technologies variées dans la maintenance prédictive des éoliennes et des panneaux solaires, de la congestion des réseaux, de l’optimisation des batteries, des impacts climatiques... « Nous avons beaucoup de candidatures autour de l’IA plus seulement en tant que couche additionnelle mais comme un moyen de renforcer l’expérience utilisateur des solutions digitales », fait savoir Sophie Mouligneau, directrice du programme d'accélération On de TotalEnergies. Les destins des start-ups accompagnées par le géant énergétique français sont variés et peuvent parfois déboucher sur un rachat pur et simple, comme cela a été le cas Nash Renewables qui développe des logiciels et des solutions IA pour améliorer les performances, et accroître la rentabilité des énergies renouvelables.

TotalEnergies

Sophie Mouligneau est directrice du programme d'accélération On de TotalEnergies depuis 2022. (Crédit DF)

Des agents basés sur Azure OpenAI chez Qolaig

Les start-ups françaises prennent aussi le train des agents IA, à l’instar de Qolaig créé en 2023 qui a bénéficié du soutien d’un business angel à l’origine de la création de nombreuses sociétés dans le domaine télécom. La jeune pousse a ainsi développé une plateforme agentique, basée sur Azure OpenAI, pour réduire les temps d’audit, tout particulièrement dans les phases d’entretiens de collaborateurs. De là à mettre en danger le rôle même des humains et donc menacer des emplois ? « Nous augmentons les humains avec l’IA, l’idée n’est vraiment pas de les remplacer mais de leur permettre de traiter beaucoup plus rapidement plus d’informations et de contexte afin d’être plus efficaces », assure Jonathan Yana, président et cofondateur de la start-up parisienne Qolaig

Qolaig

« Nous augmentons les humains avec l’IA », explique Jonathan Yana, président et cofondateur de la start-up Qolaig. (Crédit DF)

Du BIM auglmenté à l'IA chez Onestruction

Autre exemple de jeune éditeur ayant pris le train de l’IA, cette fois du côté du Japon, Onestruction dans le domaine de la modélisation des bâtiments (building information modeling, BIM). « Le BIM inclut des indices de capacité thermique, des chemins d’accès ainsi que des informations sur l’insonorisation et la résistance au feu. Ces informations sont essentielles pour comprendre la nature du bâtiment, sa structure et son fonctionnement, et sont importantes dans l’élaboration d’un calendrier, de prévisions financières, et du bilan carbone d’un projet », explique Lucas Haywood, vice-président de la stratégie de Onestruction. Le point fort de cette jeune pousse ? Un modèle de fondation spécifique au domaine de la construction capable de générer des données BIM de bout en bout à partir de plans. En s’appuyant sur des corpus web et les spécifications de la norme openBIM, le modèle développé par Onestruction sera entraîné à acquérir des expressions linguistiques et des connaissances propres au domaine de la construction. Des données synthétiques basées sur les codes de construction et les normes de bâtiment internationaux seront également intégrées afin de garantir davantage de précision pour un usage en production, au-delà du Japon.

Onestruction

« Le BIM inclus des indices de capacité thermique, des chemins d’accès ainsi que des informations sur l’insonorisation et la résistance au feu », indique Lucas Haywood, vice-président de la stratégie de Onestruction. (Crédit DF)

35 start-ups occitanes présentes sur Vivatech

Les régions sont présentes en force sur le salon, c’est notamment le cas de l’Occitanie qui en est à sa 9e année de présence. Pour cette édition, la région, via son agence de développement Adocc, met en avant 35 start-ups qui vont se partager son imposant stand pendant les 4 jours du salon. Parmi lesquelles, Rob'Occ qui développe des robots autonomes à base d'IA ayant notamment des débouchés dans le domaine industriel. « Il faut vraiment défendre ces start-ups qui veulent se déployer », nous a indiqué une porte-parole d’Adhoc. Pour autant, les jeunes entreprises semblent confrontées à davantage de difficultés que leurs aînées : « C’est plus difficile pour elles de lever des fonds dans le contexte actuel », explique notre interlocutrice. 

Un son de cloche partagé par La Mêlée, club numérique emblématique en Occitanie qui compte 20 % de start-ups parmi ses membres. « Il ne faut pas attendre qu’une start-up réussisse pour l’aider », prévient Edouard Forzy, président de La Mêlée. « Il faut qu’elles puissent accélérer suffisamment pour monter à l’échelle au niveau mondial, mais on a bien vu les limites de notre système français ou européen d’investissement. Aujourd’hui il y a quand même des difficultés financières un peu pour tout le monde. »

Occitanie Vivatech 2026

Le stand de la région Occitanie sur Vivatech 2026. (Crédit DF)