« La migration des serveurs sous Windows Server 2008 vers une version plus récente est compliquée et est surtout ralentie par les serveurs d’applications, il existe une très forte adhérence des applications avec l’OS », constate Christophe Fréalle, directeur d’offre Windows chez Econocom. C’est un constat, l’applicatif pose souvent problème dans ces cas précis. « Dans certains secteurs, de nombreuses applications spécifiques, souvent développées en interne ou par des éditeurs qui n’existent plus, ne sont plus ou moins ou pas du tout maintenues. Ceux qui s’en sortent le mieux ont souvent choisi des applications métiers standards », indique Rodolphe Fradin, consultant senior, Infrastructure & End User chez Capgemini. Face à ce constat, les migrations vers une version plus récente de Windows Server ont pris beaucoup de retard dans les entreprises. Aujourd’hui, ces dernières s’engagent vers différentes voies. Certaines d’entre elles étudient les contrats ESU pour se laisser du temps (de un à trois ans) pour revoir leur applicatif (redéveloppement ou remplacement de l’application). « Le choix de l’ESU nécessite toutefois un travail préparatoire non négligeable car il faut redéployer une licence sur tous les serveurs. Cela implique parfois des redémarrages de workloads, ce n’est pas si simple », met en garde Rodolphe Fradin. D’autres entreprises s’engagent plutôt vers la voie du cloud en migrant, dans un premier temps, vers des instances virtuelles sous Azure pour sortir de Windows Server 2008, l’objectif de Microsoft étant d’ailleurs d’encourager ce choix vers Azure pour le généraliser par la suite. Cela dit, il subsiste une certaine réticence liée à la réglementation comme le rappelle Rodolphe Fradin, mais le porte-parole de Capgemini tempère : « Un certain nombre de nos clients a franchi le pas d’Azure ou tout est géré par Microsoft, l’entreprise paie juste un service. A ma connaissance, ces entreprises n’ont pas rencontré de problèmes graves liés à la sécurité ou à la disponibilité du service ».

Un compromis entre le cloud et le on premise

Côté constructeurs, le message est plus tranché. Dell, par exemple, recommande aux entreprises de moderniser leur infrastructure. « Nous constatons chez Dell un retour du tout-cloud car ce modèle économique est parfois difficilement tenable. De ce fait, certaines entreprises rapatrient une partie de leurs workloads en interne. Si nous faisons l’analogie avec l’immobilier, acheter une maison ou un appartement est quelque fois plus rentable que de les louer. L’issue est donc de repartir sur un cycle complet en modernisant l’infrastructure, la plupart des sociétés effectue des renouvellements entre trois et cinq ans », explique Jean-Sebastien Volte, Brand Manager Offres Serveurs et Réseaux chez Dell Technologie.

Avant de faire son choix, Capgemini conseille les entreprises à bien identifier les contraintes métiers et clients, cela passe par une analyse de l’existant. Ensuite, il faut identifier les stratégies de migrations, quelle est la meilleure solution ? Azure ou un changement de l’OS on premise. Enfin, l’ESN va définir les principes d’organisation clés (tests, rédaction mode opératoire, etc.) et accompagner ses clients dans le pilotage des migrations et la validation à grande échelle. En interne chez Capgemini, cette méthodologie en trois actes se nomme le Scan, Focus, Act. Quels que soient les choix et stratégies, les migrations des serveurs prennent du temps et Rodolphe Fradin l’assure : « D’ici à quatre ans, il y aura toujours des serveurs fonctionnant sous Windows Server 2008 ». D’ailleurs, certaines sociétés disposent encore de machines sous Server 2003 en conteneurisation.