Bigger is better, pas simple de déroger encore à cette règle aujourd’hui chez de nombreux décideurs IT qui préfèrent jouer la carte de la facilité en s’offrant les services des trois hyperscalers. Une chose est sûre, il est parfois difficile pour nos interlocuteurs interviewés de comprendre leurs choix, et pour aller dans leur sens, nous avons souvent constaté lors de nos IT Tour - ces matinées rencontres avec les décideurs IT organisées par Le Monde Informatique dans plusieurs villes (https://www.it-tour.fr/) - que certains DSI nous rappelaient, eux-mêmes, qu’ils étaient plus simples d’aller chez les grands faiseurs américains car ils n’auraient pas à subir les foudres de leur direction et de leurs collaborateurs même en cas d’incidents majeurs. A contrario, s’ils avaient choisi des solutions souveraines locales ou nationales et qu’une panne intervenait, leur responsabilité aurait été mise à dure épreuve. Ces affirmations en disent long sur l’état d’esprit vis-à-vis des choix technologiques aujourd’hui. Bref, mieux vaut se fier au cabinet américain Gartner et ses Magic Quadrant qui recensent surtout les solutions américaines les plus reconnues dans le monde. Pour Laurent Cheyssial, CTO de Free Pro, ce qui se passe dans le cloud aujourd’hui, c’est exactement ce qui s’est passé dans les télécoms il y quelques années avec la forte domination de l’opérateur historique France Telecom devenu Orange. Un point que relève aussi Olivier Beaudet, directeur général de Claranet : « Quand AWS a rencontré une panne majeure il y a quelques semaines, les clients sont naturellement impactés, mais pas de problèmes... En revanche, quand cela nous concerne, je peux vous dire qu’ils nous le font savoir. »
Des décideurs plus pragmatiques et qui osent
Toutefois, le dirigeant temporise aussi sur le phénomène du move-to-cloud qui s’est opéré par les grandes entreprises il y a quelques années : « Les entreprises sont plus pragmatiques, elles vont certes aller chercher des services IA chez des grands acteurs qui ont de la puissance de calcul mais pour héberger leur application ERP, elles vont privilégier un cloud plutôt prioritaire, aujourd’hui, les choses ont tendance à s’équilibrer. » Laurent Cheyssial constate aussi que les entreprises deviennent plus attentives aux services de proximité, l’administration américaine sous Donald Trump a été en quelque sorte un accélérateur vers ce changement. « Cela dit, le meilleur succès, c’est lorsque vous démontrez votre vrai gain, par exemple un accompagnement réussi du client dans du lift and shift peut palier en quelque sorte à la faiblesse de votre catalogue face à ceux des géants américains. »
De son côté, Damien Lucas, directeur général de Scaleway entrevoit un réveil qui viendrait du top management, lequel commence à questionner les décideurs IT sur leur indépendance par rapport aux solutions américaines et chinoises. Il met d’ailleurs en avant le choix courageux de France TV qui ne met pas tous ses œufs dans le même panier, il cite aussi la Ville de Copenhague qui a retenu Scaleway pour son projet de modernisation de son infrastructure tout comme Thierry Courcet, DSI de la ville de Toulouse, qui assume de nager à contre-courant et qui va entamer sa vaste migration vers le cloud de Scaleway.
![« Les entreprises deviennent plus pragmatiques [...] pour héberger leur application SAP, elles vont privilégier un cloud plutôt prioritaire », assure Olivier Beaudet, directeur général de Claranet. (Crédit Claranet) « Les entreprises deviennent plus pragmatiques [...] pour héberger leur application SAP, elles vont privilégier un cloud plutôt prioritaire », assure Olivier Beaudet, directeur général de Claranet. (Crédit Claranet)](https://images.itnewsinfo.com/lmi/dossiers/grande/000000105621.jpg)
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