Rappelons que les usines elles mêmes sont devenues très green. La plupart des constructeurs d'imprimantes sont japonais, où les usines sont depuis 20 ans impliquées dans les principes verts : usines zéro déchets, récupération de l'eau, bilans carbone systématiques, utilisation de matières premières propres, transports propres, rapports annuels comportant une partie verte.
En aval, les fabricants d'imprimantes ont intégré les principes green dans leurs démarches commerciales. Leurs clients peuvent gagner 1% sur leurs dépenses en adoptant le Green IT pour les systèmes d'impression. Cette politique passe par une série de bonnes pratiques : utiliser le recto-verso, privilégier le noir et blanc, accepter tous les papiers recyclés. Les adhérents du Snessi proposent même aux directions générales des diagnostics « TCO green ».
L'utilisateur est réticent, le processus de décision éclaté
Ce double travail de fond, sur la production et sur l'utilisation, se heurte pourtant à un obstacle de taille : l'utilisateur est réticent à tirer partie de ces facilités. Le Snessi suggère alors des indicateurs de coûts permettant de vérifier par utilisateur les processus et les dépenses. Il faut parfois aller encore plus loin. Le problème est souvent une question de décision, la politique d'impression d'une entreprise étant dispersée entre la direction achats (qui gère les copies), la dsi (qui éventuellement traite de la circulation de documents et de Ged), les services généraux (qui gèrent les matériels). Un chef de projet impression autonome ou rattachée à l'une de ces directions avec plein pouvoir sur toute l'impression pourrait impulser une politique de réduction des coûts à partir de principes green. Plusieurs fabricants misent également sur les services et parfois l'externalisation.
Le Snessi est bien face à un défi. La démarche verte n'est pas adoptée aussi rapidement que prévu. Diminuer le papier ? C'est le contraire qui se produit tout naturellement. Malgré l'explosion des flux numériques, de plus en plus de copies sortent des imprimantes. Avec un gâchis naturel estimé à 16% des pages imprimées qui sont jetées sans être utilisées. Par ailleurs, faute de s'adresser au top management de l'entreprise, la démarche green IT dans les systèmes d'impression aura du mal à déboucher.
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Les chiffres du gaspillage papier
Le Snessi publie dans son Livre Vert des chiffres édifiants montrant que la consommation de papier augmente. L'arrivée du mail a provoqué une hausse de 40% des impressions papier. Un col blanc reçoit 80 pages d'information en moyenne par jour en 2008, contre 9 en 1975. Ces flux papiers pourraient être multipliés par dix d'ici 2015 selon IDC. Chaque personne au bureau utilise 75 kilos de papier par an.
Par ailleurs, une tonne de papier vierge représente 2 tonnes de bois ou de copeaux. Inversement, le papier recyclé représente 20 fois mois de bois ou de copeaux, 100 fois moins d'eau, 3 fois moins d'énergie.