Après une première vague de licenciements en janvier dernier, qui avait conduit à la suppression de 16 000 postes dans l’ensemble du groupe, Amazon poursuit la réorganisation de ses activités. L’entreprise américaine a notamment réduit ses effectifs au sein de son organisation dédiée à l’Artificial General Intelligence (AGI), l’équipe chargée de développer des modèles IA avancés capables de rivaliser avec les architectures les plus performantes du marché selon Reuters. Cette réorganisation concerne notamment les équipes travaillant sur Nova, la famille de modèles IA. Ces modèles visent à donner aux entreprises la possibilité de créer des assistants intelligents, des applications métier et des agents autonomes sans dépendre exclusivement des solutions concurrentes.
Selon Amazon, cette décision s’inscrit dans une logique de concentration des ressources sur les initiatives « qui comptent le plus pour les clients ». Plus qu’un désengagement de l’IA, ces suppressions de postes traduisent un recentrage des investissements. Le groupe demeure pleinement engagé dans la course aux grands modèles de langage, où il affronte Microsoft et OpenAI, Google avec Gemini, ainsi qu’Anthropic, partenaire stratégique d’Amazon Web Services (AWS). Cette compétition impose toutefois des choix. Les modèles génératifs nécessitent des investissements massifs en puissance de calcul, en données et en infrastructures cloud. Pour Amazon, l’enjeu est double; développer ses propres modèles tout en consolidant la position d’AWS comme plateforme de référence pour les entreprises déployant des solutions IA.
Le laboratoire AGI perd ses dirigeants historiques
Cette évolution intervient après plusieurs changements au sommet de l’organisation IA d’Amazon. Rohit Prasad, qui supervisait les activités AGI du groupe, a quitté l’entreprise, tandis que David Luan, responsable du laboratoire AGI, est également parti après avoir dirigé les travaux sur plusieurs projets avancés. Les activités IA ont depuis été réorganisées sous la responsabilité de Peter DeSantis, un dirigeant historique d’Amazon spécialisé dans les infrastructures techniques.
Derrière ces ajustements organisationnels se trouve une réalité économique, l’IA générative coûte extrêmement cher à développer et à exploiter. Les grands acteurs technologiques investissent des dizaines de Md$ dans les centres de données, les accélérateurs IA et les capacités électriques nécessaires pour entraîner et servir leurs modèles. Amazon, via AWS, doit financer cette course tout en maintenant la rentabilité de son activité cloud. Le groupe développe notamment ses propres capacités matérielles avec ses puces dédiées à l’IA, comme les accélérateurs Trainium et Inferentia, afin de réduire sa dépendance aux fournisseurs spécialisés et d’optimiser les coûts d’exploitation des charges IA.

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