Chez SFR, le risque d’un démantèlement du groupe entraînant une casse sociale planait depuis plusieurs mois. Selon la Tribune, quinze jours après la signature du protocole d’entente entérinant la vente de la filiale d’Altice à Bouygues Telecom, Orange et Iliad (Free), les craintes des syndicats sont toujours là. L’ouverture ce mercredi 24 juin, de la procédure d’information et de consultation des comités sociaux et économiques de l’opérateur et du trio d’acheteurs n’a pas dissipé les inquiétudes. Selon les représentants du personnel de SFR, des milliers de salariés risquent de perdre leur emploi. Pour l’Unsa, syndicat majoritaire de l’opérateur, des milliers d’emplois sont menacés. Abdelkader Choukrane, secrétaire général d’Unsa et délégué syndical central de SFR nous détaille : « La répartition des actifs prévoit qu’à la clôture de l’accord, les 2400 salariés de SFR Business seront aussitôt transférés chez Bouygues Telecom. Les opérateurs virtuels de SFR, qui emploient 240 salariés, seront basculés chez Orange tandis que 50 salariés travaillant pour Red SFR iront chez Free. A cela s’ajoutent 500 salariés des 200 boutiques du réseau de distribution ».

« Si l’on fait le calcul, ce sont 4 800 salariés restants sur les 7 800 de l’opérateur qui sont intégrés à la structure commune SFR SA. Ils n’ont pas de visibilité sur leur avenir et c’est précisément ce point qui est préoccupant », pointe Abdelkader Choukrane. De son côté, Oliver Lelong, délégué syndical central CFDT chez SFR, alerte sur le fait que le consortium a communiqué sur son engagement à maintenir l’ensemble des emplois jusqu’en 2029. « Les salariés transférés n’ont donc pas la garantie absolue de conserver leur emploi au-delà de cette date », ajoute-t-il. L’autre point noir concerne la pérennité de filiales comme ATS (Altice Technical Services), qui ne figure pas dans le projet de vente et qui compte 3 500 techniciens travaillant essentiellement pour SFR.  A cela s’ajoutent les doublons d’activité et les conséquences pour les nombreux sous-traitants de SFR. « Cela pourrait mettre en péril l’avenir des télécoms en France », redoute Olivier Lelong.

Des exigences sur l'accompagnement

Au regard de ces éléments, les organisations syndicales déplorent l’absence de retour du gouvernement à l’annonce du protocole d’accord. Evoquant un massacre social, et les risques psychosociaux qui pourraient en découler, elles demandent d’entrer en négociation avec le consortium en toute franchise et transparence. « Nous demandons des garanties pour le maintien de plus d’emplois avec des moyens d’accompagnement à la hauteur de l’offre de cession, incluant la mise en place de programmes de reclassement et d’indemnités légales et supra légales », conclut Abdelkader Coukrane.