À mesure que les ressources distribuées provenant des réseaux câblés, sans fil, cloud et de l’IoT augmentent, la nécessité de disposer d’un réseau plus intelligent à la périphérie se fait de plus en plus pressante. La huitième enquête annuelle que vient de publier Network World sur l'état du réseau montre l'importance croissante des réseaux Edge. Ainsi, 56 % des répondants projettent de recourir à l’edge computing dans leur entreprise. De façon générale, l’edge networking consiste à envoyer des données à un petit facteur de forme local intégrant le traitement, le stockage et la connectivité au réseau. Les données sont donc traitées à la périphérie, et la totalité ou une partie d’entre elles est envoyée vers l’unité de traitement ou de stockage du datacenter d'entreprise ou vers un cloud IaaS. « L'informatique se rapproche de la périphérie du réseau, ce qui permet aux entreprises d'analyser les données en temps quasi réel », indique l'étude. « Le recours à l’edge computing permet de réduire la latence puisque les données n'ont pas à parcourir le réseau jusqu'au datacenter ou au cloud pour être traitées ».

Pour réaliser cette huitième enquête annuelle intitulée « Network World 2018 State of the Network », Network World a interrogé 268 décideurs de l’IT et de la sécurité de secteurs très divers, aussi bien le développement d'applications, les services cloud, le matériel informatique, les datacenters, que l'analyse de données et les télécommunications. Les répondants ont été sélectionnés à travers six supports d’informations - CIO, Computerworld, CSO, InfoWorld, ITworld et Network World - d'IDG Communications.

3% des répondants ont adopté un réseau IBN

Mais l’informatique à la périphérie du réseau n’est pas la seule forte tendance révélée par l'étude. Une autre technologie de pointe dite Intent-Based Networking (IBN) qui exploite des capacités d'automatisation, d'analyse, des logiciels intelligents et des politiques permettant aux administrateurs réseau de définir ce qu'ils veulent que le réseau fasse, a aussi le vent en poupe. Des entreprises comme Cisco, Juniper et des startups comme Apstra ont fortement contribué à faire connaître la technologie Intent-Based Networking. Et l'étude de Network World montre que le buzz a bien fonctionné : en effet, plus de la moitié des professionnels du réseau interrogés connaissent les réseaux IBN (54 %), et un tiers d'entre eux travaillent dans des entreprises dont le budget informatique dépasse le milliard de dollars. « Il n’est donc pas surprenant de voir que 3 % seulement déclarent l'adoption d'un réseau Intent-Based et que 8 % seulement se lancent dans une stratégie Intent-Based Networking et investissent dans le SDN (Software-defined networking), la virtualisation, l'apprentissage machine, les API basées sur des modèles et les outils de sécurité », explique l’étude de Network World. « Un plus grand nombre de répondants (38 %) n’ont pas encore envisagé cette stratégie mais ils prévoient de démarrer leur recherche de solution dans les 12 prochains mois », indique encore l’étude. Trente-neuf pour cent des répondants disent mener une recherche active sur le SDN, tandis que 11 % déclarent avoir déjà mis leur solution en production et 10 % disent tester la technologie.

Selon IDC, le marché du SDN va continuer de croître à un rythme annuel composé de 25,4 % et devrait atteindre les 13,8 milliards de dollars d'ici 2021. « Pour pouvoir adopter rapidement les technologies réseaux dont elles ont besoin, les entreprises ont dû passer au SDN, lequel permet au réseau de s'interfacer directement avec les applications via des interfaces de programmation d'applications, et abandonner l'interface en ligne de commande », explique encore Network World. Une enquête réalisée en 2017 par Network World auprès de 294 professionnels réseaux montrait que 49 % d'entre eux envisageaient de mettre en œuvre un réseau SDN ou testaient activement une solution et que 18 % d’entre eux utilisaient déjà un réseau SDN.

63 % des entreprises prévoient de recourir au SD-WAN

La SD-WAN, déclinaison du SDN, suscite également beaucoup d’intérêt. Cette technologie prometteuse sert à virtualiser les succursales et à distribuer les ressources réseaux, ce qui les rend plus faciles et moins coûteuses à gérer. Selon l'étude, 63 % des entreprises prévoient de recourir à la technologie SD-WAN. Parmi ses principaux avantages potentiels, la technologie SD-WAN peut apporter plus de résilience et d’agilité grâce au contrôle par logiciel.

L’enquête de Network World met également en évidence plusieurs autres éléments. D’abord, comme le montre leur allocation de budget pour l'année, les professionnels du réseau restent très focalisés sur la sécurité. Soixante et un pour cent des répondants prévoient d’augmenter leur budget de sécurité des réseaux et ceux dédiés au développement d'applications (61 %) et aux services cloud (60 %). Dans l'enquête 2017, ces trois domaines figuraient également en tête des augmentations budgétaires de l'année. Par contre, les initiatives IoT sont un peu en retrait : si 46 % des personnes interrogées prévoient de redoubler leurs efforts IoT au cours des trois prochaines années, 32 % déclarent qu'ils n'ont pas de projets immédiats dans ce domaine.

De la réticence à migrer vers le cloud immédiatement

Par ailleurs, la majorité des personnes interrogées (61 %) déclarent utiliser des datacenters sur site plutôt que des solutions cloud de type PaaS ou IaaS (30 %). Parmi ceux qui s’appuient sur des datacenters sur site, 29 % ont l'intention de migrer vers le cloud dans les 12 à 24 prochains mois. Les entreprises semblent un peu réticentes à tout déplacer vers le cloud immédiatement. Elles considèrent sans doute toujours cette informatique externe comme plus vulnérable aux menaces de sécurité. C'est peut-être la raison pour laquelle elles hésitent à franchir le pas.

Les entreprises s’intéressent également à l'infrastructure convergente et travaillent sur des projets qu’elles comptent mettre en œuvre au cours de l’année prochaine. Soixante-neuf pour cent (contre 65 % en 2017) d’entre elles prévoient d’implémenter des systèmes convergents au cours des 12 prochains mois et 63 % (contre 62 % en 2017) prévoient de mettre en œuvre des systèmes hyper convergents l’année prochaine. L'infrastructure hyperconvergente est encore une technologie de datacenter émergente, mais près de la moitié des entreprises interrogées (47 %) prévoient de mettre en œuvre des systèmes convergents ou hyperconvergents au cours des 12 prochains mois. 15 % des décideurs IT affirment que leur entreprise a déjà mis en place ce genre de systèmes.

Enfin, globalement, 48 % des professionnels réseaux essayent - le plus souvent ou toujours - de travailler en collaboration avec d'autres services commerciaux, contre 40 % il y a un an. Mais trente-six pour cent des personnes interrogées estiment que l'équipe réseau initie « parfois » une relation de collaboration avec d’autres secteurs d'activité, moins que les 49 % annoncés en 2017.