Le Monde Informatique : Vous faites votre retour en tant que président du CIP, comment cela s’est-il passé ? 

Stéphan Guidarini: J’avais pris la présidence du club à un moment où il y a eu besoin de lui donner une nouvelle dynamique. Nous avions alors travaillé sur un plan à très long terme pour lui donner un niveau d’exigence, de positionnement et de visibilité qu’il a aujourd’hui. Après cette première présidence de 4 ans (2015-2019), Guillaume Goury a fait 4 ans, puis Laetitia Biciacci 3 ans. Cette fonction est lourde et demande de l’énergie, nous avons essayé de préparer une relève pour laisser la place aux jeunes sur la partie sponsor, la communication des réseaux sociaux mais nous nous sommes retrouvés encore un peu démuni sur la partie présidence pour cette relève. J’ai accepté de reprendre la présidence pour assurer la continuité pour un an. J’ai l’avantage de bien connaitre l’écosystème et l’équipe qui fait la force du CIP. C’est plus qu’un club, c’est une famille.  

Votre mandat n’est que sur un an ? 

Chaque année nous renouvelons tout le bureau. Je ne m’interdis rien pour continuer, je n’ai pas fait encore de choix. Habituellement il faut du temps pour que le nouveau président s’installe ce qui n’est pas le cas pour moi. C’est différent, je l’ai déjà été. Si d’ici là une personne se dégage, nous aimerions bien que cela soit un décideur IT, DSI ou RSSI emblématique qui prenne le relais mais ils sont également très occupés. 

Le club est bien implanté depuis 53 ans : où en êtes-vous en termes de membres et ce qui va tirer les actions du club ces prochains mois ? 

Nous avons à date un peu plus de 400 adhérents et sommes sur 4 territoires : le 13 (Bouches-du-Rhône), 83 (Var), 84 (Vaucluse) et 06 (Alpes-Maritimes). Nous avons la force d’animer ces quatre entités qui peuvent être compliquées à cause de la problématique de mobilité en région qui est souvent importante, c’est pourquoi nous avons des relais pour les animer. Nous avons 40 événements par an et 6 à 8 diners de DSI. Nous avons deux collèges : DSI et décideurs, et l’autre prestataires. Cette année, nous voulons enrôler encore plus de décideurs et renforcer notre stratégie vis à vis d’eux, de les faire venir et adhérer et leur apporter des contenus. La réussite de ces dernières années a été la visibilité, pour nos sponsors et prestataires mais également pour nos décideurs IT. Notre enjeu est de renforcer encore et de développer notre écosystème de décideurs IT et pour cela nous changeons. Depuis quelques années nous étions plutôt perçus sur l’événementiel, nous étions très bon là-dessus et nous organisons beaucoup d’événements comme la soirée de l’IT Meeting avec 250 personnes réunies sur le before juste avant la soirée de lancement. Nous sommes perçus comme un club convivial avec un vrai esprit mais cela ne suffit pas. Nous pêchions un peu sur les contenus, cela fait deux-trois ans que nous avons créé des commissions ou think tank, autour de la data, de l’IA, de la cybersécurité, et open innovation. 

Quelle est la raison d’être de ces commissions ? Pour accompagner ou devancer les attentes des membres ? 

Oui mais surtout de créer des contenus au travers ces commissions. C’est un peu le défaut jusqu’à présent. L’une des fonctions que nous avons donné à notre président d’honneur, Jérôme Quintat, est d’animer l’ensemble des commissions et de les synchroniser. Par exemple nous voyons aujourd’hui qu’il y a des intersections entre la cybersécurité et l’IA mais que cela s’entrechoque alors qu’il faut qu’elles s’alimentent entre elles. C’est ce travail de cohésion que nous avons pour objectif et alimenter les décideurs avec ces informations. 

Sur quels contenus et formats ces commissions vont travailler ? 

Il y a des livres blancs et il y aura aussi des blogs, d’avis d’experts que l’on pourra publier sur nos réseaux Linkedin, sur notre site... Nous réfléchissons aussi à des podcasts. Cela peut être une bonne idée. Sur IT Meeting nous avons commencé à interviewer nos sponsors annuels et tout au long de l’année leurs interviews filmées seront mis en ligne sur notre site web et sur notre page Linkedin. Nous faisons du changement dans la continuité, en apportant des améliorations et la visibilité sur nos responsables IT et des interviews et des livrables pour apporter encore plus de contenus et être l’un des clubs les plus actifs dans la région. Nous avons été la seule association invitée à IT Meeting, nous serons présents à Ready for IT et aux Assises, nous avons renouvelé notre partenariat avec le CBC Toulouse, le Tech Show Paris... Aujourd’hui pas mal d’événements et de salons en France viennent nous chercher pour de la visibilité et cela nous permet de commercialiser des stands pour nos adhérents à prix préférentiel. 

Le CIP a pris la présidence de plusieurs incubateurs comme La Belle de Mai, Zebox... Pour quelles raisons ? 

Nous n’étions pas forcément très bons pour échanger avec les start-ups et les mettre en relation avec nos adhérents. Cette année nous avons missionné Sébastien Telouk associé-fondateur d’Ignitera basé au Campus Cyber à Marseille pour fédérer l’écosystème des start-ups et la partie open innovation. Le premier événement a eu lieu sur notre réunion L’Incontournable au Cesi où nous avons fait pitcher trois start-ups des de nos différents écosystèmes et incubateurs dans notre région. Nous allons le reproduire maintenant dans chaque Incontournable de chaque territoire pour que des start-ups se présentent devant nos adhérents. Notre travail et notre mission première c’est faire en sorte que l’écosystème local se développe et se connaisse, avec les décideurs IT, les prestataires et les start-ups. Ce que l’on prévoit c’est que nos adhérents fassent un retour d’expérience de start-ups accélérées dans les incubateurs régionaux dans leurs environnements 

Le contexte économique est compliqué et vous êtes tous bénévoles au CIP : tout se déroule comme vous souhaitez sans perturbations externes ? 

Un des choix que nous avons fait et que nous assumons c’est d’être apolitique, nous fuyons tout ce qui est politisé. Nous avons grossi petit à petit et avons eu une croissance financière maitrisée avec le choix de ne pas être assujetti à des subventions qui risquent de se réduire. Nous finissons le trimestre avec une quinzaine de sponsors. La trésorerie fait l'objet de beaucoup d'attention avec un budget de 200 000€ pour gérer nos 40 événements annuels. Nous avons une gestion en bon père de famille, car ce n'est pas notre argent.