Alors que l'intelligence artificielle se répand dans les usages au travail, une étude réalisée par l’institut OpinionWay pour Factorial, éditeur d’une plateforme d’automatisation des processus RH, révèle une réalité contrastée au sein des entreprises françaises. Les résultats montrent d’abord qu’en France, un peu moins d'un salarié sur deux de moins de 35 ans (45 %) délègue désormais une part majeure de son travail à l’IA et notamment à la GenAI. Au-delà de l’ampleur prise par ces outils, le rapport montre que certains salariés s’approprient les contenus générés par des IA. Pour preuve, plus d’un quart (26 %) des collaborateurs et 47 % des moins de 35 ans admettent présenter comme les leurs des contenus largement produits par des agents virtuels.

Ces pratiques ont pour effet de susciter une sensation de malaise. Ainsi, 22 % des répondants ont déjà ressenti une forme de gêne ou de honte à être félicités pour un travail réalisé par la machine. Ce chiffre double presque chez les jeunes (41 %). De plus, la confusion identitaire gagne près d’un quart des salariés (23 %). Pour eux la frontière se brouille en ne sachant plus si une idée vient vraiment d'eux ou de l'IA.

L’opinion sur l’usage de l’IA au travail selon le genre, l’page, la fonction et l’ancienneté. (Source : Opinionway/Factorial)

Des différences générationnelles

En parallèle, une importante fracture générationnelle est constatée dans l’usage des assistants IA :  45 % des jeunes actifs estimant qu'ils seraient aujourd'hui beaucoup moins efficaces sans eux, contre seulement moins d’un quart (24 %) de l'ensemble des salariés. Autre constat marquant : l'absence de règles qui inquiète. En effet, plus de la moitié (56 %) des employés estiment que leur entreprise les laisse se « débrouiller seuls » avec l'IA, sans règles ni cadre clair. Le sentiment d'abandon est encore plus fort dans les grandes entreprises.

Dans les ETI et les grands groupes, ce taux grimpe respectivement à 61 % et 58 %.  Ce manque de gouvernance favorise une utilisation sauvage et hétérogène des outils d’automatisation. Une pratique, connue sous le terme de Shadow IA qui expose potentiellement les entreprises à des risques de confidentialité et de sécurité.

L’opinion sur l’usage de l’IA au travail selon la taille de l’entreprise et le secteur d’activité. (Source : Opinionway/Factorial)

Du point de vue de la productivité, le bilan est par ailleurs en demi-teinte. Si l'IA est vendue comme un accélérateur de performance, la réalité du terrain est plus nuancée. Plus de 2 salariés sur 5 (41 %) constatent un phénomène de vases communicants. Avec d’un côté une IA qui fait gagner du temps sur les tâches pénibles, mais en fait perdre ailleurs (vérification des sources, « prompting » laborieux, …). D'ailleurs, 24% des sondés avouent passer trop de temps à peaufiner les réponses de l’IA, au lieu de faire avancer réellement leurs dossiers.