Les pannes d'infrastructures informatiques survenues ces dernières années sont de plus en plus coûteuses, selon un rapport de l'Uptime Institute. Pourtant, sur cette même période, le nombre total de pannes majeures est resté identique. Cela signifie qu'en moyenne, la remise en route des systèmes après chaque perturbation coûte de plus en plus cher. Selon le rapport, le pourcentage de pannes individuelles entraînant des pertes de plus de 100 000 dollars est en augmentation, passant de 40 % l'année précédente à 47 % de toutes les pannes en 2021. L'institut a déclaré que, même s'il ne calcule pas un coût global moyen par panne, la tendance générale est à l'augmentation des coûts engendrés par une panne moyenne. Selon l’Uptime Institute, au cours des trois dernières années, une entreprise sur cinq a déclaré avoir subi au moins une panne « grave », ce qui signifie que les pannes ont entraîné des pertes financières importantes, des dommages corporels, des atteintes à la réputation ou des violations de la conformité. « Quatre répondants sur cinq à l'enquête de l'institut ont déclaré avoir subi une panne - grave ou non – sur les trois dernières années, ce qui correspond à l'extrémité supérieure de la fourchette normale », selon le rapport.

Des problèmes de réseau à l’origine de la plupart des pannes

D’après l’enquête de l’Uptime Institute, la majorité des pannes ont été causées par des problèmes de réseau, une conséquence possible de l'adoption à grande échelle de la technologie du cloud, du SDN (software defined networking) et d'autres nouvelles architectures dépendantes du réseau. Cependant, les problèmes liés à l'alimentation électrique, notamment ceux causés par des pannes d'alimentation sans coupure, sont souvent à l’origine des perturbations les plus graves : sur les trois dernières années, les problèmes d'alimentation sont responsables de 43 % des pannes « importantes ». Selon le rapport, les fournisseurs de services tiers ont connu le plus grand nombre de pannes de service au cours de la période concernée par l’enquête. Les fournisseurs de services cloud et d'hébergement, les sociétés de colocation et les opérateurs de télécommunications ont été à l'origine de près de deux tiers de toutes les pannes publiques suivies par l'institut au cours des sept dernières années, ce chiffre passant à 70 % en 2021.

Selon l'institut, une grande partie de ces problèmes, quelle que soit la composante de l'infrastructure affectée, résulte d'une erreur humaine. Au cours des trois dernières années, près de 40 % des entreprises ont connu des pannes graves dues à une erreur humaine, la plupart du temps à cause de processus et de procédures non optimaux ou non respectés. Andy Lawrence, membre fondateur et directeur exécutif de l'Uptime Intelligence Institute, a déclaré que, directement ou indirectement, la complexité croissante des architectures informatiques modernes est responsable de ces taux de pannes élevés. « Le manque d'amélioration des taux de panne globaux résulte en partie des énormes investissements effectués récemment dans l'infrastructure numérique, et de toute la complexité associée à laquelle les opérateurs sont confrontés quand ils évoluent vers des architectures hybrides et distribuées », a-t-il déclaré dans le communiqué annonçant la publication du rapport. « Avec le temps, la technologie comme les pratiques opérationnelles s'amélioreront, mais à l'heure actuelle, les pannes restent une préoccupation majeure pour les clients, les investisseurs et les régulateurs », a ajouté M. Lawrence. Le rapport s'appuie sur plusieurs sources qui vont des rapports publics de pannes majeures aux enquêtes, en passant par les bases de données d'incidents anormaux maintenues par l'institut.