Selon le Cloud Infrastructure Service Providers Europe (Cispe), les affirmations de Broadcom selon lesquelles elle serait en mesure d’aider les fournisseurs de services cloud européens à mettre en place des solutions souveraines compétitives reposant sur VMware sont exagérées. L’entreprise américaine présente son logiciel VMware Cloud Foundation (VCF) comme la technologie clé du « cloud souverain » de l’Union européenne, mais Broadcom n’est pas la solution aux problèmes de souveraineté technologique de l’Europe, selon le secrétaire général du Cispe, Francisco Mingorance.
« VCF est un produit propriétaire dont l’interopérabilité et la substituabilité sont limitées, contrôlé par un fournisseur étranger qui s’est comporté en tyran envers ses clients et ses partenaires de distribution. Si l’Europe a besoin d’un exemple illustrant les dangers d’une dépendance excessive vis-à-vis d’acteurs étrangers dominants, Broadcom en est l’incarnation même », a déclaré M. Mingorance, selon un article publié sur le site web du Cispe. L'association a invoqué plusieurs raisons pour lesquelles VCF ne répond pas aux critères requis, soulignant en particulier son manque de portabilité. Cela signifie qu’il ne peut être considéré comme résilient au regard du cadre du Cispe pour un cloud souverain et résilient.
Une certification CAIDA niveau 1 uniquement
Au début du mois, l’UE a dévoilé des propositions relatives à son règlement sur le développement du cloud et de l’IA (CADA) visant à renforcer l’économie numérique européenne. La CADA encouragera les investissements dans la recherche européenne, fixera des conditions pour les centres de données européens et fournira un cadre d’évaluation unique à l’échelle de l’UE pour la souveraineté en matière de cloud et d’IA. Le Cispe a déclaré que Broadcom était loin de remplir les conditions proposées par la CADA. Selon l'organisation, le fournisseur ne pourrait obtenir qu’une certification de niveau 1 au titre du cadre de souveraineté du CAIDA, ajoutant que les conditions générales de Broadcom n’offraient que des engagements de maintenance limités, aucun dépôt de code source, aucun plan de substitution et aucune certification au titre de la loi sur les données, autant d’éléments susceptibles d’aller à l’encontre des recommandations du texte réglementaire.
Ce n’est pas la première fois que le Cispe entre en conflit avec Broadcom. En décembre dernier, l’organisation a exhorté la Cour de justice de l’Union européenne à annuler la fusion Broadcom/VMware. Et en mars, le Cispe a rédigé une lettre ouverte mettant en garde contre les hyperscalers américains qui tentent de « blanchir » leurs services en matière de souveraineté.

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