« La transformation numérique doit se faire dans l’intérêt général humain, non pas dans celui des multinationales ». La France Insoumise (LFI) milite pour un numérique au service des Français et interroge sur l’indépendance de la France aujourd’hui dans le domaine du numérique. Depuis 2016, Jill Maud Royer assure la supervision des outils numériques de LFI et a participé à l’élaboration du programme numérique du parti politique.

Selon elle, « la transformation numérique doit passer par un engagement des collectivités territoriales, de l’Etat et des entreprises dans le développement de logiciels libres ». Reprendre les rênes du numérique, des données personnelles et de leur relocalisation est fondamental, explique cette développeuse et membre de la liste de Clémentine Autain, députée LFI et candidate en Île-de-France aux élections régionales 2021.

Le RGPD, figure de proue

« Doter la CNIL de réels moyens, efficaces, et faire respecter l’application du RGPD en France » sont des points sur lesquels Jill Maud Royer, également co-cheffe de file pour La France Insoumise dans le département des Hauts-de-Seine, insiste, pour engager cette transformation vers le numérique. Face à une recrudescence des attaques cybercriminelles ces derniers mois dans le secteur public et la fuite de données personnelles, cette candidate souhaite renforcer les moyens IT actuels et le développement de formations en cybersécurité, à toutes les échelles du territoire. « La protection des données doit passer par une meilleure formation de ceux qui les manipulent, c’est-à-dire tous les agents administratifs de l’Etat », ajoute-t-elle. Jill Maud Royer laisse également présager que ces formations pourraient à l’avenir être présentées dès l’enseignement secondaire.

Un enseignement numérique équilibré

Le mouvement politique souhaite en effet s’attaquer à une transformation digitale dans les collèges et lycées avec la mise à disposition de tablettes reconditionnées. Les étudiants de l’enseignement supérieur ne sont pas laissés pour compte ; LFI prétend offrir un accès numérique égalitaire, notamment grâce à un « prêt de matériel informatique à destination des jeunes, dans les Crous et les bibliothèques ». La crise sanitaire aura eu le mérite de révéler une prise de conscience concernant les inégalités d'équipement informatique auxquelles font face les jeunes générations. Cet accès ne va pas sans compter sur la « garantie d’un accès très haut débit à Internet sur l’ensemble du territoire », préconise Jill Maud Royer, tout en émettant une certaine réserve vis-à-vis de la 5G.

Cette représentante de LFI, positionnée sur la liste régionale Île-de-France, assure qu’un « grand plan de formation et d’accompagnement du numérique en Île-de-France » pourrait voir le jour si LFI remporte le siège du Conseil régional. A la clé, le financement de « filières entières, pas seulement dans les secteurs porteurs, mais aussi soucieuses de la question écologique et de l’égalité entre les hommes et les femmes ». Cette militante de La France Insoumise fait toutefois marche arrière sur certains aspects de la résorption de la fracture numérique sur le territoire. « Face à la dématérialisation du service public, il est primordial de maintenir des guichets en France pour réduire la fracture numérique. Aider par la formation ne répondra jamais à tous les cas », conclut Jill Maud Royer.

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