Créée en septembre 2025, BXIA - une société contrôlée par le promoteur immobilier Nouvelles Fonctions Urbaines (NFU) et la société de gestion de fonds immobiliers Osae Partners - a lancé un projet de datacenters IA et d'un supercalculateur localisé à Bordeaux-Lac. La livraison des premiers bâtiments est prévu à partir de 2030 : « Il s’agit d’un pôle numérique souverain destiné à accueillir des capacités critiques de calcul pour des usages stratégiques : intelligence artificielle, recherche scientifique, modélisation industrielle, santé, énergie et services publics », peut-on lire dans un dossier de presse. « Les usages seront tous couverts par des réglementations européennes » incluant aussi bien le RGPD que des certifications et qualifications comme SecNumCloud, HDS, PCI DSS, ISO...
Etendu sur une superficie de 20 hectares, ce projet privé doit être doté d’une puissance électrique de raccordement jusqu’à 380 MW et d’une capacité de calcul de workloads IT de 250 MW, soit 50 MW par datacenter. « Les perspectives économiques identifient des retombées en matière d’emplois, de compétences et d’attractivité pour les acteurs du numérique, de la recherche et des formations locales de façon à construire une filière IA souveraine et responsable », indique BXIA. Ce projet remplace celui du datacenter BX 2, porté par Equinix, mais finalement abandonné a expliqué notre confrère de Sud Ouest. A noter que NFU a été partenaire immobilier de cet opérateur de datacenter dans le cadre de son premier datacenter BX1 à Bruges depuis 2021. Côté réseau, le prochain campus IA devrait bénéficier d'une connexion directe au câble transatlantique Amitié opérationnel depuis 2023. D’une longueur totale de 6 800 km, avec 16 paires de fibre d’une capacité maximale de 400 Tbit/s, il relie Lynn proche de Boston (Etats-Unis) à Le Porge, près de Bordeaux.
Un budget jusqu’à 12 Md€
Le budget prévisionnel alloué pour ce campus s'élève 3 Md€ dont 2,5 Md€ pour les 5 datacenters. Selon La Tribune ce montant ne couvre cependant pas l’achat de GPU : interrogé par notre confrère, Laurent Halimi, président d’Osae Partners, a expliqué que 300 000 GPU sont nécessaires, faisant grimper l’investissement total entre 10 et 12 Md€. « Les futurs clients de cette infrastructure pourraient notamment être des acteurs de l’industrie aérospatiale ou des start-ups françaises et européennes de l’IA, dans le sillage de Mistral AI », explique La Tribune.
Reste à savoir si les investisseurs et clients potentiels répondront à l’appel. Pour l’heure, BXIA bénéficie en tout cas du soutien de Bordeaux Métropole qui considère cette démarche comme un « véritable projet de territoire » pouvant déboucher sur la création de 300 emplois. Ce projet de campus IA a été annoncé en parallèle du plan IA du gouvernement annoncé l’an dernier prévoyant de créer des datacenters IA en France sur 35 sites dont 1 en Nouvelle-Aquitaine. Selon Sud Ouest, BXIA indique disposer de « deux ans de fonds propres » pour acheter le foncier nécessaire à Bordeaux Métropole. Pour la suite des soutiens financiers supplémentaires seront nécessaires pour voir ce projet sortir réellement de terre.

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