Ce mardi 28 juillet, l'administration américaine a franchi une nouvelle étape dans sa politique de sécurisation de la chaîne d'approvisionnement des infrastructures d'IA. Après les semi-conducteurs, les équipements télécoms ou encore certains composants énergétiques, ce sont désormais les robots humanoïdes qui sont visés par une interdiction d'importation. Annoncée par la FCC (Federal Communications Commission), cette mesure concerne également certains onduleurs électriques connectés, jugés stratégiques pour l'alimentation des data centers.
Sécuriser les infrastructures critiques
Pour les autorités américaines, ces équipements représentent un risque croissant pour la sécurité nationale. Les robots connectés, capables de collecter des données ou d'être pilotés à distance, pourraient d’après l’administration Trump, être utilisés à des fins d'espionnage industriel, de collecte d'informations sensibles ou de perturbation d'infrastructures critiques. Les onduleurs électriques sont également dans le viseur de Washington. Ces équipements assurent l'interface entre les réseaux électriques, les installations photovoltaïques, les systèmes de stockage d'énergie et les data centers.
Avec la multiplication des infrastructures dédiées à l'IA générative sur le territoire américain, leur sécurisation devient un enjeu stratégique qui, selon la Maison Blanche, pourrait porter atteinte à « la sécurité et la sûreté des citoyens américains ». Une mesure qui s’explique aussi par la volonté de relance de l’industrie américaine, concurrencée par les progrès technologiques de la Chine.
La mesure ne s'applique toutefois, dans un premier temps, qu'aux nouveaux modèles qui n'ont pas encore obtenu leur certification commerciale. Les autorités se réservent néanmoins le droit de retirer les autorisations déjà accordées à certains produits si elles l'estiment nécessaire.
Les entreprises affectées
Si le texte vise officiellement l'ensemble des robots de pointe fabriqués à l'étranger, les industriels chinois, dominant largement le marché, apparaissent comme les principaux concernés. Des acteurs comme Unitree, devenu l'un des leaders mondiaux du robot humanoïde, ou encore les fabricants d'onduleurs Huawei et Sungrow figurent parmi les entreprises susceptibles d'être les plus impactées par ces nouvelles réglementations.
Les machines concernées sont décrites comme ayant un «dispositif robotique avancé», c'est-à-dire un robot humanoïde, quadrupède ou un AMR (robot mobile autonome), et doivent réunir quatre critères. Elles doivent avoir des capacités de locomotion, de contournement d'obstacles, de navigation ou de mouvement terrestre. Être capables d'être commandées à distance ou de réagir à des données de capteurs, peser plus de 2 kg, et elles doivent intégrer un capteur capable d’appréhender son environnement, un élément de connectivité réseau offrant un débit de connexion d'au moins 200 kbits par seconde et permettre l'exécution des programmes sur place ou à distance.
Une décision qui intervient alors que la Chine s'est imposée comme l'un des principaux fournisseurs mondiaux de robots humanoïdes, grâce à une production à grande échelle et à des prix particulièrement compétitifs. Ces équipements sont devenus stratégiques dans la course à l'IA. La Covered List des produits interdits à l’importation, pourrait a contrario de son objectif de relancer les Etats-Unis dans la course technologique, ralentir la recherche américaine. Effectivement, cette décision risque de nuire à des initiatives sino-américaines, telles que la collaboration entre la société américaine Nvidia et l’entreprise chinoise Unitree.

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