Aujourd’hui, 98% des Français possèdent un smartphone et 9 sur 10 l’utilisent quotidiennement pour aller sur le web. Pourtant 82% déclarent rencontrer des freins à l’usage des services numériques sur mobiles. C’est ce qu’indique un sondage, que la rédaction a consulté, de l’institut Opinéa réalisée pour AccessiWay, une SSII spécialisée dans l’accessibilité numérique. Les freins sont avant tout liés à l’intrusion publicitaire (39%), loin devant les irritants techniques comme la lenteur de chargement (20%) particulièrement mis en avant par les Parisiens (26% d’entre eux). Sont également cités, les contenus qui ne s’adaptent pas automatiquement à la taille de l’écran (19%), les boutons trop petits (18%), l’interface surchargée (18%) ou encore la taille trop petite des polices (17%). D’autres difficultés comme des problèmes de contrastes sont également pointées du doigt. (12%).

D'après l'enquête, certains obstacles varient en fonction de l’âge des mobinautes. Ainsi, l’incompatibilité avec les outils d’assistance remonte davantage chez les plus jeunes (14% des moins de 35 ans) tandis que des éléments d’interaction trop rapprochés les uns des autres réunissent plutôt les seniors (7% des 56 ans et plus). Si les difficultés de navigation sur smartphone concernent toutes les générations, les jeunes, grands utilisateurs du e-commerce, se sentent particulièrement exposés aux obstacles numériques : seuls 12 % des moins de 35 ans déclarent n’éprouver aucune gêne contre 25 % des 56 ans et plus. Pour les acteurs du e-commerce, l’enjeu est majeur, estime Jerry Journo, directeur général AccessiWay France.

Des obligations imposées par l’European Accessibility Act 

 « Les jeunes consommateurs comptent parmi les publics les plus actifs en ligne, mais aussi parmi les plus exigeants. Au moindre souci - pop-up intrusif, bouton mal placé, texte illisible, parcours peu fluide - ils sont aussi les plus susceptibles d’abandonner. L’accessibilité numérique doit donc être pensée non seulement comme une démarche inclusive, mais aussi comme un levier de fidélisation commerciale », a-t-il souligné dans un communiqué. Pour rappel, depuis l’European Accessibility Act de l’an dernier, l’accessibilité numérique est imposée à certaines entreprises sous peine de sanctions. Sur le papier, on parle de 106 critères pour rendre un site entièrement accessible. Au vu des résultats de ce sondage, il semble qu’il reste du chemin à faire en la matière.