Le projet Hyperledger, soutenu par un groupe d’industries transversales qui veut promouvoir la technologie blockchain, a déclaré que le framework Hyperledger Fabric pouvait servir de support pour créer des applications, des produits ou des solutions commerciales personnalisées basés sur la technologie blockchain. Développé pendant les 16 derniers mois, le framework Hyberledger Fabric 1.0 est prêt à être utilisé en production pour créer un registre électronique décentralisé et sécurisé dans des secteurs comme les services financiers pour finaliser des transactions, notamment les opérations de compensation et de règlement, ou encore la santé, pour valider les enregistrements de données patients et savoir qui y ont accès. « Fabric 1.0 apportera une aide très conséquente dans ces deux secteurs d’activité », a déclaré Brian Behlendorf, directeur exécutif d'Hyperledger.

Blockchains peut être chiffré ou non, selon le niveau de sécurité attendu, mais dans les deux cas, les enregistrements sont vérifiables, car les tables de la base de données ne peuvent être modifiées et sont liées à chaque intervenant autorisé de la chaîne. Par exemple, la chaîne de blocs pourrait servir dans les processus de compensation et de règlement entre les traders de Wall Street et les banques qui soutiennent les transactions pour vérifier en temps réel à quel moment chaque partie a reçu les données et a accepté l'échange de fonds. L’architecture modulaire de Fabric 1.0 permet la mise en place de services prêts à l’emploi, par exemple des services de règlement et d’adhésion. Le framework tire profit de la technologie de conteneurs pour héberger des « Smarts Contracts », c’est à dire des contrats intelligents écrits dans un code logiciel qui reproduit exactement les termes du contrat légal et comprend la logique de fonctionnement du système.

Un projet soutenu par des poids lourds IT et financiers 

Fabric a franchi plusieurs cycles de développement ou de pilotes et il est déjà passé entre les mains des 28 organisations membres d'Hyperledger parmi lesquelles The Depository Trust & Clearing Corp. (DTCC), Fujitsu, GE, Hitachi, Huawei Technologies, State Street Bank, SecureKey, IBM, SAP et Wanda Group. La solution a également bénéficié des contributions de 35 personnes non affiliées. « Au total, 159 développeurs ont contribué à Hyperledger Fabric », a déclaré Brian Behlendorf. « Nous avons encouragé les entreprises à les utiliser comme preuve de concepts et comme pilotes, et certaines étaient déjà tellement satisfaites par le code qu’elles l’ont mis en production », a ajouté le directeur exécutif d'Hyperledger. « L’outil crée un relevé d’opération partagé, exactement à l’image de ce qui se fait dans les services financiers », a-t-il déclaré. « Dans le modèle de registre courant, les délais compensation et de règlement des opérations entre les participants impliqués dans une transaction sont de trois jours. Le registre distribué et partagé permet une compensation et un règlement immédiats ». 

Par exemple, IBM, AIG et Standard Chartered Bank ont récemment dévoilé un projet pilote Hyperledger Fabric destiné à rationaliser l'une des polices d’assurance les plus complexes du secteur de l'assurance, la police d’assurance multinationale. Les trois assureurs ont créé une police d’assurance mère établie au Royaume-Uni qui inclue trois polices d'assurance adaptées au droit local en vigueur aux États-Unis, à Singapour et au Kenya, et l’ont transformé en « contrat intelligent ». Grâce au Smart Contract, les différents acteurs peuvent partager et voir en temps réel les données et la documentation relatives aux différentes polices. Selon IBM, la solution est structurée de telle façon que plusieurs acteurs du réseau - les courtiers, les régulateurs et les auditeurs - peuvent collaborer de manière plus efficace et plus effective. La chaine de blocs permet à tous les acteurs d’avoir une vue complète sur la police d’assurance, les données de paiement et la documentation et prendre des décisions d’affaires plus pertinentes en fonction d'un ensemble commun de données fiables. « Notre pilote prouve que blockchain peut jouer un rôle très important dans l'avenir de l'assurance. Toute technologie – et c’est le cas de la technologie blockchain - qui peut accroître la confiance et la transparence d’une industrie construite sur ces valeurs, mérite d’être prise pleinement en considération », a déclaré dans un communiqué Rob Schimek, CEO de la division commerciale d'AIG. « Nous sommes très heureux de pouvoir offrir à nos clients ce genre d’innovations et participer au développement des composants clés de cette nouvelle technologie ».

La blockchain se déploie un peu partout 

D'autres entreprises ont déjà utilisé la technologie blockchain dans les chaînes d'approvisionnement notamment pour suivre l’acheminement de biens spécifiques entre un expéditeur et un point de vente. Par exemple, IBM et Maersk, le plus grand opérateur mondial de transport de conteneurs, ont récemment annoncé qu'ils utilisaient Hyperledger Fabric pour gérer et suivre à la trace le transport et l’acheminement de dizaines de millions de conteneurs à travers le monde et d’avoir un regard sur toute la chaîne d'approvisionnement. Le blockchain basé sur Hyperledger Fabric leur permet d’améliorer la transparence et de partager des informations hautement sécurisées avec les partenaires commerciaux. « Utilisée à grande échelle, la chaîne de blocs permet à l'industrie d’économiser des milliards de dollars », ont également indiqué les deux sociétés.